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Nom de domaine et INPI : protéger son nom et éviter les litiges 🛡️

Mis à jour le Par Alain Houessou16 min de lecture

Vous avez trouvé le nom de votre entreprise et vous voulez être sûr que personne ne vous le prenne ? Ou un concurrent utilise déjà un nom proche du vôtre en ligne ? Prenons 15 minutes au téléphone pour faire le point sur votre nom, votre domaine et votre site.

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Table des matières
  1. Qu’est-ce que le « nom de domaine internet INPI » ?
  2. Nom de domaine ou marque : quelle différence concrète pour votre entreprise ?
  3. Comment savoir si un nom de domaine est disponible, à l’INPI et ailleurs ?
  4. Comment déposer un nom de domaine à l’INPI ?
  5. Combien coûte le dépôt d’un nom de domaine à l’INPI ?
  6. Comment protéger son nom de domaine au quotidien ?
  7. Faut-il réserver plusieurs extensions et variantes de son nom de domaine ?
  8. Que faire si quelqu’un a réservé votre nom ou votre marque en nom de domaine ?
  9. Votre nom de domaine peut-il gêner la marque d’un autre ?
  10. Quand faut-il faire appel à un avocat pour un nom de domaine ?
  11. Une fois votre nom protégé, comment l’utiliser pour votre site ?
  12. Quelles erreurs éviter pour protéger votre nom en ligne ?

🧠 Votre nom est-il bien protégé ? Trouvez la bonne étape

📊 Les moyens de protéger votre nom en ligne, comparés

SolutionCe qu'elle protègeCoût indicatifPour qui
Réserver le nom de domaineL'adresse exacte, avec une seule extensionQuelques euros à quelques dizaines d'euros par anToutes les entreprises, dès le premier jour
Réserver plusieurs extensions et variantesLe .fr, le .com et les fautes de frappe courantesQuelques dizaines d'euros par an au totalCommerces et marques connues localement
Déposer une marque à l'INPILe nom en France, pour les activités choisiesUn peu moins de 200 euros pour une classe, barème à vérifierToute entreprise qui compte garder son nom
Déposer une marque de l'Union européenneLe nom dans tous les pays de l'UnionPlusieurs centaines d'euros, tarifs à vérifierBoutiques en ligne qui vendent à l'étranger
Accompagnement par un avocat ou un conseil en propriété industrielleRecherche approfondie, dépôt sûr, gestion des litigesQuelques centaines à quelques milliers d'euros selon le dossierNoms à fort enjeu ou litige en cours

Qu’est-ce que le « nom de domaine internet INPI » ?

L'INPI n'enregistre pas les noms de domaine, il enregistre les marques. Le domaine s'achète chez un registraire ; la marque déposée à l'INPI protège le nom lui-même.

Beaucoup de patrons pensent qu’il existe un « nom de domaine INPI ». C’est une confusion très courante, et elle coûte parfois cher.

Il y a en réalité deux registres différents, qui ne se parlent pas :

  • Le nom de domaine : c’est votre adresse sur internet, comme boulangerie-dupont.fr. Vous l’achetez auprès d’un registraire, c’est-à-dire un vendeur agréé de noms de domaine. Pour les adresses en .fr, le registre est géré par l’Afnic.
  • La marque : c’est un titre de propriété sur un nom, enregistré par l’INPI (Institut national de la propriété industrielle). Elle vous donne un droit exclusif d’utiliser ce nom pour certaines activités.

Acheter lefournildelea.fr ne fait donc pas de « Le Fournil de Léa » votre marque. Et déposer la marque à l’INPI ne vous donne aucune adresse internet.

Pourquoi cette différence compte

Prenons un plombier qui réserve plomberie-martin.fr. Il est seul propriétaire de cette adresse exacte. Mais un concurrent peut très bien réserver plomberie-martin.com ou martin-plomberie.fr. Rien ne l’en empêche, tant qu’aucune marque ne protège le nom.

À l’inverse, si le plombier a déposé sa marque, il peut agir contre un nom de domaine trop proche, utilisé pour la même activité.

La bonne approche consiste à faire les deux : sécuriser l’adresse, puis protéger le nom. Si vous voulez d’abord bien comprendre le fonctionnement d’une adresse internet, le guide nom de domaine : c’est quoi et à quoi ça sert pour votre entreprise reprend les bases simplement.

À retenir : le nom de domaine est une location renouvelable d’adresse. La marque est une protection juridique du nom. Ce sont deux outils complémentaires, pas des concurrents.

Nom de domaine ou marque : quelle différence concrète pour votre entreprise ?

Le nom de domaine donne une adresse internet exacte. La marque protège le nom en France pour vos activités, y compris contre des adresses web proches utilisées par d'autres.

Pour un artisan ou un commerçant, la différence se voit surtout au moment d’un conflit. Le tableau ci-dessous résume l’essentiel.

Nom de domaine Marque INPI
Où l’obtenir Chez un registraire Auprès de l’INPI
Ce qu’il protège Une adresse exacte Le nom, pour des activités précises
Durée Un à dix ans, renouvelable Dix ans, renouvelable sans limite
Territoire Le monde entier, mais une seule adresse La France
Règle d’attribution Premier arrivé, premier servi Le premier déposant, sauf droits antérieurs

Le principe de spécialité

Une marque ne protège pas un nom dans l’absolu. Elle le protège pour les produits et services que vous avez choisis au dépôt. On les range dans des « classes », une sorte de catalogue officiel des activités.

Exemple : une coiffeuse dépose « Atelier Lumière » pour les services de coiffure. Un photographe peut, en principe, utiliser « Atelier Lumière » pour ses photos. Les clients ne risquent pas de confondre les deux métiers.

Les autres droits sur votre nom

La marque n’est pas le seul droit qui existe. Votre entreprise peut aussi s’appuyer sur :

  • sa dénomination sociale, le nom officiel de la société ;
  • son nom commercial, celui sous lequel vous vendez ;
  • son enseigne, le nom affiché sur la boutique ;
  • un nom de domaine exploité, avec un vrai site actif.

Ces droits ont une portée souvent plus limitée qu’une marque, parfois seulement locale. Ils peuvent aider dans un litige, mais la marque reste l’outil le plus clair et le plus solide.

Comment savoir si un nom de domaine est disponible, à l’INPI et ailleurs ?

Vérifiez trois choses : l'adresse chez un registraire, les marques existantes dans la base de l'INPI, puis les entreprises déjà installées sous ce nom.

Un nom « libre » sur internet n’est pas forcément libre juridiquement. Il faut vérifier plusieurs registres avant de vous lancer.

Étape 1 : l’adresse internet

Tapez le nom souhaité dans l’outil de recherche d’un registraire. Il vous dit si le .fr, le .com ou d’autres extensions sont disponibles. L’extension, c’est la fin de l’adresse, comme .fr ou .com.

Étape 2 : les marques déjà déposées

L’INPI propose une base gratuite de consultation des marques. Cherchez :

  • le nom exact ;
  • les variantes proches à l’oral ou à l’écrit ;
  • les noms avec ou sans tiret, au pluriel, avec une faute courante.

Regardez surtout les marques déposées dans votre domaine d’activité. Une marque identique dans un métier très éloigné pose rarement problème. Une marque proche dans le même métier, si.

Étape 3 : les entreprises existantes

Consultez l’annuaire officiel des entreprises et faites une recherche sur Google et Google Maps. Un traiteur qui ouvre « Les Délices de Clara » doit savoir si une autre « Délices de Clara » existe à vingt kilomètres.

Étape 4 : les réseaux sociaux

Vérifiez que le nom est libre sur Facebook, Instagram ou les plateformes que vous utilisez. Ce n’est pas un droit, mais c’est votre cohérence auprès des clients.

Le cas fréquent

Un gîte trouve gite-des-tilleuls.fr libre. Mais une marque « Les Tilleuls » existe déjà pour l’hébergement touristique. Le nom de domaine s’achète sans souci, mais l’exploiter peut attirer une réclamation.

Cette vérification prend une heure ou deux. Elle évite de refaire enseigne, cartes de visite et site un an plus tard. Pour un nom à fort enjeu, une recherche d’antériorité approfondie par un professionnel va plus loin : elle repère les ressemblances moins évidentes.

Comment déposer un nom de domaine à l’INPI ?

On ne dépose pas un nom de domaine à l'INPI : on y dépose le nom comme marque, en ligne, en choisissant ses classes d'activités, puis on attend l'enregistrement.

Quand on parle de « déposer son nom de domaine à l’INPI », on parle en réalité de déposer une marque. La démarche se fait entièrement en ligne et reste accessible à un non-spécialiste.

Les étapes du dépôt

  1. Choisir ce que vous déposez. Le plus souvent, une marque verbale : le nom seul, sans logo. Elle protège le nom quelle que soit sa présentation.
  2. Vérifier les antériorités. Voir la partie précédente : base des marques, entreprises, usages en ligne.
  3. Choisir les classes. Listez précisément vos produits et services. Un couvreur choisira les travaux de toiture ; une boutique en ligne de bougies, les bougies et la vente.
  4. Créer votre compte sur le portail de dépôt en ligne de l’INPI.
  5. Remplir le formulaire : déposant, nom de la marque, liste des produits et services.
  6. Payer les redevances au moment du dépôt.
  7. Attendre la publication. La demande est publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle.
  8. Passer la période d’opposition. Pendant deux mois, les titulaires de marques antérieures peuvent s’opposer.
  9. Recevoir l’enregistrement, en général quelques mois après le dépôt si tout se passe bien.

L’INPI détaille toute la démarche sur sa page protéger votre marque auprès de l’INPI.

Les pièges du formulaire

  • Une liste trop vague. Écrire « tous services » ne marche pas. L’INPI demande des termes précis.
  • Une liste trop large. Plus vous ajoutez de classes, plus vous payez, et plus vous risquez de gêner d’autres marques.
  • Le mauvais déposant. Déposez au nom de la personne ou de la société qui exploitera vraiment la marque.

Et le nom de domaine dans tout ça ?

Réservez-le avant ou le jour même du dépôt. La publication de la marque est publique. Quelqu’un de mal intentionné pourrait réserver l’adresse entre-temps.

Combien coûte le dépôt d’un nom de domaine à l’INPI ?

Le dépôt en ligne d'une marque coûte un peu moins de 200 euros pour une classe, puis quelques dizaines d'euros par classe supplémentaire. Le barème officiel évolue.

Le budget dépend de trois choses : le nombre de classes, le territoire visé et l’aide éventuelle d’un professionnel.

Le coût du dépôt seul

Pour un dépôt en ligne en France, la redevance de base couvre une classe. Elle tourne autour de 190 euros au barème récent. Chaque classe en plus ajoute quelques dizaines d’euros. Vérifiez toujours le barème en vigueur sur le site de l’INPI avant de payer, car il peut changer.

Cette somme couvre dix ans de protection. Ramenée à l’année, c’est souvent moins que le prix de quelques cartes de visite.

Les autres coûts possibles

Poste Fourchette indicative
Nom de domaine .fr ou .com Quelques euros à quelques dizaines d’euros par an
Marque INPI, une classe Un peu moins de 200 euros pour dix ans
Classe supplémentaire Quelques dizaines d’euros chacune
Marque de l’Union européenne Plusieurs centaines d’euros
Recherche d’antériorité par un professionnel Quelques centaines d’euros
Dépôt accompagné par un avocat ou un conseil Quelques centaines à plus d’un millier d’euros

Tous ces tarifs changent. Prenez-les comme des ordres de grandeur, pas comme des devis.

Combien de classes pour votre métier ?

  • Un artisan : une ou deux classes suffisent souvent, par exemple les travaux et le conseil.
  • Une boutique en ligne : la classe des produits vendus, parfois celle de la vente.
  • Un restaurant qui vend aussi des sauces : la restauration et les produits alimentaires.

Le vrai coût, c’est de ne rien faire

Changer de nom après un litige oblige à refaire enseigne, véhicule, site, fiche Google et documents. Sans compter la perte de clients qui vous connaissaient sous l’ancien nom. Face à cela, le dépôt reste un petit investissement.

Comment protéger son nom de domaine au quotidien ?

Activez le renouvellement automatique, gardez une adresse e-mail de contact valide, soyez titulaire en votre nom et sécurisez l'accès à votre compte chez le registraire.

La plupart des pertes de nom de domaine ne viennent pas d’un pirate. Elles viennent d’un oubli. La protection du nom de domaine commence donc par une bonne hygiène.

Les cinq réflexes indispensables

  • Renouvellement automatique activé. Un domaine non renouvelé redevient disponible après un délai. Des acheteurs guettent ces noms expirés.
  • Carte bancaire à jour. Le renouvellement automatique échoue si la carte a expiré.
  • E-mail de contact valide. Toutes les alertes partent à cette adresse. Évitez celle d’un ancien salarié ou d’un prestataire.
  • Double authentification sur le compte du registraire. Un code envoyé sur votre téléphone bloque la plupart des intrusions.
  • Verrou de transfert activé. Il empêche de déplacer votre domaine chez un autre registraire sans votre accord.

Soyez propriétaire de votre nom

C’est le point le plus important. Le titulaire du domaine, c’est-à-dire son propriétaire officiel, doit être vous ou votre société. Pas votre agence, pas votre neveu, pas votre ancien webmaster.

Un avocat qui a laissé son prestataire réserver le domaine à son nom peut se retrouver coincé le jour où il change de prestataire. Récupérer le nom devient alors une négociation.

Si vous faites créer un site, écrivez noir sur blanc qui détient le domaine. Un cahier des charges de site internet est le bon endroit pour le préciser, avec les accès et l’hébergement.

Faites un point une fois par an

  • Date d’expiration de chaque domaine ;
  • Nom du titulaire ;
  • Personnes qui ont accès au compte ;
  • Noms devenus inutiles, à garder ou à laisser expirer.

Ce contrôle prend un quart d’heure. Il évite de découvrir un matin que votre site affiche une page de vente de domaine.

Faut-il réserver plusieurs extensions et variantes de son nom de domaine ?

Oui, pour les noms importants : le .fr, le .com et les fautes de frappe les plus probables, tous redirigés vers votre site principal. Inutile d'acheter toutes les extensions.

Un nom de domaine ne protège qu’une adresse exacte. Réserver quelques variantes ferme la porte aux confusions et aux opportunistes.

Les variantes utiles

  • Le .fr : naturel pour une clientèle française. Il est réservé aux personnes et entreprises installées dans l’Union européenne et quelques pays voisins.
  • Le .com : beaucoup de clients le tapent par réflexe.
  • La version avec et sans tiret : plomberie-martin.fr et plomberiemartin.fr.
  • Les fautes de frappe évidentes : une lettre doublée, un accent oublié, un pluriel.

Les extensions à éviter d’acheter par principe

Il existe des centaines d’extensions : .shop, .online, .paris, .bio… Les acheter toutes coûte vite cher pour un bénéfice faible. Gardez-les pour des cas précis :

  • une boutique en ligne qui veut un .shop ;
  • un commerce parisien qui mise sur le .paris ;
  • une marque connue qui craint les imitations.

Exemple par métier

Métier Réservation raisonnable
Boulanger de quartier .fr et .com
Gîte rural .fr, .com, variante avec et sans tiret
Boutique en ligne de cosmétiques .fr, .com, éventuellement .shop
Cabinet d’avocat .fr, .com et l’extension .avocat si elle vous parle

Que faire des variantes ?

Une variante achetée puis laissée vide ne sert pas à grand-chose. Faites-la pointer vers votre site principal. Le client qui tape la mauvaise adresse arrive quand même chez vous. Le guide pour rediriger un nom de domaine vers son site explique la marche à suivre pas à pas.

Gardez un seul domaine principal pour votre site. Les autres servent de protection et de filet de sécurité, pas de copies.

Que faire si quelqu’un a réservé votre nom ou votre marque en nom de domaine ?

Rassemblez les preuves, tentez un contact amiable, puis utilisez une procédure spécialisée : Syreli ou PARL Expert pour un .fr, la procédure de l'OMPI pour un .com.

On parle de cybersquatting quand quelqu’un réserve un nom de domaine reprenant votre nom pour en profiter. Il veut vous le revendre, capter vos clients ou nuire à votre image.

Étape 1 : garder des preuves

  • Captures d’écran datées du site litigieux ;
  • Informations publiques sur le titulaire du domaine ;
  • Preuves de vos droits : certificat de marque, extrait Kbis, factures montrant l’usage de votre nom ;
  • Messages éventuels du titulaire, surtout s’il propose de vous vendre le domaine.

Étape 2 : tenter l’amiable

Un courrier ou un e-mail courtois suffit parfois. Certains titulaires ignorent tout simplement vos droits. Ne versez pas d’argent sous la pression : une offre de vente à prix élevé peut même servir de preuve de mauvaise foi.

Étape 3 : les procédures spécialisées

Pour les noms en .fr, l’Afnic propose deux procédures en ligne, plus rapides et moins chères qu’un tribunal :

  • Syreli, où l’Afnic décide elle-même ;
  • PARL Expert, où un expert indépendant tranche.

L’Afnic présente ces démarches sur sa page résoudre un litige sur un nom de domaine en .fr. Elles peuvent aboutir à la suppression ou au transfert du domaine.

Pour les noms en .com, .net, .org et beaucoup d’autres, la procédure de référence est gérée par l’OMPI, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Elle est décrite par son centre d’arbitrage et de médiation pour les noms de domaine.

Ce qu’il faut généralement démontrer

  • Le domaine est identique ou très proche de votre nom protégé ;
  • Le titulaire n’a pas de droit ou d’intérêt légitime sur ce nom ;
  • Il l’a réservé ou l’utilise de mauvaise foi.

Les frais vont de quelques centaines à quelques milliers d’euros selon la procédure. Avoir une marque déposée facilite nettement le dossier.

Étape 4 : le tribunal

Si vous réclamez aussi des dommages et intérêts, ou si le dossier est complexe, la voie judiciaire reste possible. Un avocat devient alors indispensable.

Votre nom de domaine peut-il gêner la marque d’un autre ?

Oui. Si votre adresse reprend une marque déposée avant vous, pour une activité proche, son titulaire peut vous demander d'arrêter, voire de lui transférer le domaine.

Le risque ne vient pas seulement des autres. Vous pouvez, sans le vouloir, être celui qui empiète sur une marque existante.

Les situations à risque

  • Un nom identique dans le même métier. Un paysagiste qui choisit le nom d’une marque de jardinage déjà déposée.
  • Un nom très proche à l’oral. Une orthographe différente ne suffit pas si la prononciation et le métier se ressemblent.
  • Un nom qui reprend une grande marque. Utiliser le nom d’une marque connue dans votre adresse, même pour un service lié, est risqué. Un réparateur indépendant qui met le nom d’un fabricant dans son domaine s’expose à une réclamation.

Ce qui se passe en pratique

Le plus souvent, tout commence par une mise en demeure : un courrier, souvent d’avocat, qui vous demande d’arrêter l’usage du nom. Il fixe un délai.

Si vous l’ignorez, le titulaire peut lancer une procédure Syreli, PARL Expert, OMPI ou une action en justice. Vous risquez de perdre le domaine, et parfois davantage.

Si vous recevez un courrier

  1. Ne paniquez pas et ne l’ignorez pas. Notez le délai.
  2. Vérifiez la marque invoquée dans la base de l’INPI : date de dépôt, classes, titulaire.
  3. Comparez avec vos propres droits : date de création de votre entreprise, usage réel de votre nom, ancienneté de votre site.
  4. Faites relire le dossier par un avocat en propriété intellectuelle avant de répondre.

La meilleure prévention

Faire les vérifications avant de choisir votre nom. Une heure de recherche en amont évite des semaines de stress. Et si votre nom est déjà installé depuis longtemps, déposer votre propre marque renforce votre position.

Quand faut-il faire appel à un avocat pour un nom de domaine ?

Un avocat en propriété intellectuelle devient utile dès qu'un litige, une mise en demeure ou un enjeu financier important apparaît. Pour un dépôt simple, vous pouvez agir seul.

Tout le monde n’a pas besoin d’un avocat pour protéger son nom. Mais certaines situations le justifient clairement.

Vous pouvez souvent agir seul

  • Réserver un nom de domaine ;
  • Vérifier la base des marques de l’INPI ;
  • Déposer une marque simple, dans une ou deux classes, pour un nom sans ressemblance évidente.

Un professionnel devient précieux

  • Vous recevez une mise en demeure. Une mauvaise réponse peut aggraver votre situation.
  • Quelqu’un utilise votre nom et refuse de lâcher le domaine.
  • Votre nom vaut cher : une marque connue, une boutique en ligne qui vend beaucoup, un projet de franchise.
  • Vous visez l’étranger et devez choisir entre plusieurs types de dépôt.
  • La recherche d’antériorité révèle des noms proches et vous ne savez pas si le risque est réel.

Avocat ou conseil en propriété industrielle ?

Deux professions peuvent vous aider :

Profession Point fort
Avocat spécialisé en propriété intellectuelle Litiges, mises en demeure, procédures et tribunal
Conseil en propriété industrielle Recherches d’antériorité, dépôts, stratégie de marque

Les deux connaissent bien les noms de domaine. Pour un litige devant un tribunal, l’avocat reste l’interlocuteur naturel.

Combien prévoir ?

Les honoraires varient beaucoup selon le dossier. Comptez de quelques centaines d’euros pour une consultation ou un dépôt accompagné, à plusieurs milliers pour une procédure. Demandez toujours un devis ou une convention d’honoraires avant de commencer.

Les questions à poser au premier rendez-vous

  • Quelles sont mes chances, honnêtement ?
  • Quelle procédure conseillez-vous, et pourquoi ?
  • Combien de temps, et quel budget total ?
  • Existe-t-il une solution amiable ?

Une agence web n’est pas un cabinet juridique. Elle peut vous aider à sécuriser techniquement vos domaines, pas à plaider.

Une fois votre nom protégé, comment l’utiliser pour votre site ?

Reliez votre nom de domaine à votre site, que celui-ci tourne sur Wix, Shopify, PrestaShop ou un site sur mesure, puis travaillez sa visibilité sur Google.

Un nom protégé mais sans site ne vous apporte aucun client. L’étape suivante consiste à le faire travailler.

Relier le domaine à votre outil

La démarche dépend de la solution qui fait tourner votre site :

  • Wix : vous pouvez acheter le domaine chez Wix ou connecter un domaine déjà réservé ailleurs. Le pas-à-pas est détaillé dans le guide pour utiliser son propre nom de domaine sur Wix.
  • Shopify : pour une boutique en ligne, la connexion se fait depuis l’administration de la boutique. Voir comment connecter son nom de domaine à Shopify.
  • PrestaShop : solution de boutique en ligne que vous hébergez vous-même, plus technique. Pour savoir si elle vous correspond, lisez notre avis sur PrestaShop et à qui il convient.
  • Un site sur mesure : le prestataire configure le domaine et l’hébergement, mais vous restez titulaire du nom.

Gardez la main

Même quand quelqu’un d’autre installe tout, conservez :

  • les accès au compte du registraire ;
  • la liste des domaines et leurs dates d’expiration ;
  • les identifiants de l’outil qui fait tourner le site.

Faites connaître votre nom

Un nom bien protégé gagne à être vu. Utilisez exactement le même nom partout : site, fiche Google, réseaux sociaux, factures, véhicule. Cette cohérence aide les clients à vous retrouver et à vous reconnaître.

Un site clair et bien référencé fait ensuite le reste. Le couvreur TB Rénovation & Nettoyage, en Loire-Atlantique, est passé de 2 à 63 visites Google par jour entre juin 2025 et octobre 2026, grâce à son site et à son référencement local.

Si vous préférez confier cette partie, notre service de création de site internet s’occupe du site, du domaine et de sa mise en ligne, en vous laissant propriétaire de tout.

Quelles erreurs éviter pour protéger votre nom en ligne ?

Les erreurs les plus fréquentes : croire qu'un domaine suffit, laisser un prestataire en être titulaire, oublier le renouvellement et choisir un nom sans vérifier les marques existantes.

Les mêmes erreurs reviennent souvent chez les artisans et commerçants. Elles sont faciles à éviter quand on les connaît.

Erreur 1 : croire que le nom de domaine protège le nom

Avoir coiffure-ambre.fr ne vous rend pas propriétaire du nom « Coiffure Ambre ». Seule une marque, ou à défaut d’autres droits comme le nom commercial, vous protège réellement.

Erreur 2 : laisser quelqu’un d’autre être titulaire

Un prestataire, un associé parti, un proche qui « s’est occupé d’internet »… Le jour d’un désaccord, vous n’avez plus la main sur votre adresse.

Erreur 3 : oublier le renouvellement

Une carte expirée, un e-mail jamais lu, et le domaine retombe dans le domaine public. Il peut alors être racheté par un inconnu.

Erreur 4 : choisir son nom sans vérifier

Tomber amoureux d’un nom avant d’avoir regardé la base des marques. Puis découvrir une marque identique dans le même métier, après avoir imprimé les flyers.

Erreur 5 : déposer une marque trop large ou trop étroite

  • Trop large : vous payez des classes inutiles et vous attirez des oppositions.
  • Trop étroite : un boulanger qui oublie les produits qu’il vend en épicerie fine n’est pas protégé sur cette activité.

Erreur 6 : répondre seul à une mise en demeure sérieuse

Un e-mail énervé peut être utilisé contre vous. Faites relire votre réponse par un professionnel.

Erreur 7 : acheter tous les domaines possibles

Inutile de réserver vingt extensions. Le .fr, le .com et quelques variantes redirigées suffisent dans la plupart des cas.

La liste de contrôle rapide

  • Nom vérifié dans la base des marques ;
  • Domaine réservé à votre nom ;
  • Renouvellement automatique actif ;
  • Marque déposée dans les bonnes classes ;
  • Variantes principales redirigées vers le site ;
  • Accès et dates notés dans un document sûr.

Si vous cochez tout, votre nom est en de bonnes mains.

❓ Questions fréquentes

Une marque déposée à l'INPI me protège-t-elle dans le monde entier ?

Non. Une marque déposée à l'INPI protège votre nom en France uniquement. Pour l'Union européenne, il existe une marque européenne, déposée auprès de l'office de l'Union. Pour d'autres pays, un dépôt international est possible. Une boutique en ligne qui vend surtout en France peut commencer par la France, puis étendre sa protection si l'activité se développe à l'étranger.

Combien de temps dure la protection d'une marque ?

Une marque enregistrée est protégée pendant dix ans à compter de la date de dépôt. Vous pouvez la renouveler autant de fois que vous le souhaitez, tous les dix ans, en payant une redevance. Pensez à noter l'échéance. Une marque non renouvelée perd sa protection, et le nom peut alors être déposé par quelqu'un d'autre.

Mon Kbis protège-t-il le nom de mon entreprise ?

En partie seulement. L'immatriculation protège votre dénomination sociale, mais cette protection est souvent limitée à votre activité et parfois à votre zone. Elle ne vaut pas une marque. Pour un artisan qui veut garder son nom longtemps, notamment sur internet, le dépôt de marque reste la protection la plus claire et la plus facile à faire valoir.

Mon agence a réservé mon nom de domaine : est-ce un problème ?

Ce n'est pas un problème si vous êtes bien inscrit comme titulaire du domaine. Vérifiez-le dans les informations du compte ou demandez-le par écrit. Si l'agence figure comme titulaire, demandez le transfert à votre nom ou à celui de votre société. Récupérez aussi les accès au compte du registraire pour garder la main en cas de changement de prestataire.

Le nom de domaine .fr est-il réservé aux Français ?

Le .fr est ouvert aux particuliers et aux entreprises installés dans l'Union européenne, ainsi que dans quelques pays voisins comme la Suisse ou la Norvège. Un commerçant belge peut donc en réserver un. Pour une entreprise française, c'est souvent l'extension la plus naturelle, car elle rassure une clientèle locale.

Un nom de domaine expiré peut-il être récupéré ?

Souvent, oui, pendant une période de grâce qui suit l'expiration. Pendant ce délai, vous pouvez encore le renouveler, parfois avec des frais supplémentaires. Passé ce délai, le domaine redevient libre et n'importe qui peut le réserver. Si vous remarquez un oubli, contactez votre registraire immédiatement, sans attendre.

Puis-je déposer mon nom de famille comme marque ?

Oui, c'est possible et courant chez les artisans et les commerçants. Attention toutefois : vous ne pourrez pas interdire à un homonyme d'utiliser son propre nom de bonne foi. Vérifiez aussi qu'aucune marque identique n'existe déjà dans votre métier. Associer le nom à votre activité, comme « Menuiserie Lambert », aide souvent à le rendre plus distinctif.

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Alain Houessou

Écrit par

Alain Houessou

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