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Logiciel de facturation obligatoire : ce que dit la loi pour 2026 📄

Mis à jour le Par Alain Houessou17 min de lecture

Vous entendez parler de facturation électronique obligatoire et vous vous demandez si vos factures Word ou Excel seront bientôt interdites ? Vous voulez savoir quand, pour qui, et combien cela va coûter ? Prenons 15 minutes au téléphone pour regarder votre situation et trouver la solution la plus simple.

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Table des matières
  1. Un logiciel de facturation est-il obligatoire pour une petite entreprise ?
  2. Qu’est-ce que la facturation électronique obligatoire, concrètement ?
  3. Facturation électronique obligatoire : à partir de quand ?
  4. La facturation électronique est obligatoire pour qui ?
  5. La facturation électronique est-elle obligatoire pour les auto-entrepreneurs ?
  6. Comment ça marche, la facturation électronique obligatoire ?
  7. Quelle plateforme choisir pour la facturation électronique obligatoire ?
  8. La facturation électronique obligatoire est-elle payante ou gratuite ?
  9. Le logiciel de caisse certifié est-il obligatoire pour un commerçant ?
  10. Quelles mentions doivent figurer sur une facture avec la réforme ?
  11. Que risque-t-on si on ne respecte pas l’obligation de facturation électronique ?
  12. Comment se préparer à la facturation électronique obligatoire, étape par étape ?

🧠 Facturation électronique : quelle solution pour vous ?

📊 Calendrier et obligations de la facturation électronique (selon le calendrier fixé à ce jour)

Type d'entrepriseRecevoir des factures électroniquesÉmettre des factures électroniquesExemple de métier
Grande entreprise1er septembre 20261er septembre 2026Enseigne nationale de bricolage
ETI (entreprise de taille intermédiaire)1er septembre 20261er septembre 2026Industriel régional de plusieurs centaines de salariés
PME1er septembre 20261er septembre 2027Entreprise de plomberie de 20 salariés
TPE1er septembre 20261er septembre 2027Boulangerie, salon de coiffure, garage
Micro-entrepreneur (même en franchise de TVA)1er septembre 20261er septembre 2027Électricien, graphiste, consultant indépendant
Organisme non assujetti à la TVANon concerné pour ses propres facturesNon concernéPetite association sans activité commerciale

Un logiciel de facturation est-il obligatoire pour une petite entreprise ?

Pas au sens strict aujourd'hui. Mais avec la facturation électronique, prévue entre 2026 et 2027, toute entreprise assujettie à la TVA devra passer par une plateforme agréée.

Aujourd’hui, la loi n’impose pas de logiciel pour faire une facture. Un plombier qui prépare ses factures sur Word, ou une graphiste qui utilise un modèle Excel, reste dans les règles. À une condition : chaque facture doit porter toutes les mentions obligatoires et être conservée correctement.

Il existe une exception connue depuis plusieurs années : le logiciel de caisse. Un commerçant qui enregistre les ventes de ses clients particuliers avec un logiciel doit utiliser un outil certifié. Nous y revenons plus bas.

Ce qui change avec la réforme

La vraie nouveauté s’appelle la facturation électronique obligatoire. Elle ne dit pas « achetez tel logiciel ». Elle dit : vos factures entre professionnels devront circuler par une plateforme agréée par l’État, dans un format lisible par un ordinateur.

Concrètement, un fichier Word imprimé ou un PDF envoyé par e-mail ne suffira plus pour facturer une autre entreprise. Il vous faudra donc un outil capable de produire ces factures et de les transmettre. C’est pour cela qu’on parle, dans la pratique, d’obligation de logiciel de facturation.

Situation Aujourd’hui Après la réforme
Facture Word ou Excel à une entreprise Autorisée Plus suffisante pour émettre
PDF envoyé par e-mail Autorisé Plus considéré comme facture électronique
Facture à un particulier Libre Libre, mais déclaration des ventes à prévoir
Logiciel de caisse Certifié si utilisé Toujours certifié

Ce qu’il faut retenir

  • Rien ne presse au point de paniquer, mais tout le monde est concerné.
  • Le bon réflexe : choisir dès maintenant un outil prêt pour la réforme.
  • Si vous changez d’outil, profitez-en pour simplifier vos devis et vos relances.

Pour comparer les solutions selon votre activité, le guide sur comment choisir un logiciel de facturation et de devis pour une petite entreprise détaille les critères utiles.

Qu’est-ce que la facturation électronique obligatoire, concrètement ?

C'est l'obligation d'émettre et de recevoir les factures entre entreprises dans un format informatique structuré, transmis par une plateforme agréée, avec un envoi de données à l'administration fiscale.

Le mot « électronique » prête à confusion. Beaucoup pensent qu’un PDF envoyé par e-mail est déjà une facture électronique. Ce n’est pas le cas au sens de la réforme.

Une facture électronique, ici, c’est un fichier structuré : les informations (nom du client, montant, TVA, date) sont rangées dans des cases que les ordinateurs savent lire automatiquement. Trois formats sont admis :

  • Factur-X : un PDF lisible par un humain, avec les données cachées à l’intérieur pour la machine ;
  • UBL : un fichier de données pur, sans mise en page visible ;
  • CII : un autre format de données, proche du précédent.

Pour vous, artisan ou commerçant, le format importe peu. C’est votre logiciel qui s’en charge. Vous continuez à saisir une facture comme avant.

Les trois volets de la réforme

  1. La facturation électronique (e-invoicing) : les factures entre entreprises assujetties à la TVA en France passent par une plateforme agréée.
  2. La transmission des données de vente (e-reporting) : pour les ventes aux particuliers ou à l’étranger, vous transmettez des données résumées, sans facture électronique.
  3. La transmission des données de paiement : pour certaines prestations de services, vous signalez quand vous avez été payé.

Pourquoi l’État impose cela

L’objectif affiché est double. D’abord, mieux lutter contre la fraude à la TVA. Ensuite, préparer à terme des déclarations de TVA préremplies, ce qui peut alléger le travail des petites entreprises.

Prenons un menuisier qui facture une cuisine à un restaurant. Demain, sa facture partira de son logiciel vers sa plateforme. Elle arrivera dans la plateforme du restaurant. Les données utiles seront transmises au fisc, sans qu’il ait rien à envoyer en plus.

La présentation officielle de la réforme sur la page du ministère de l’Économie consacrée à la facturation électronique reprend ces grands principes.

Facturation électronique obligatoire : à partir de quand ?

Selon le calendrier actuel, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026. Les PME, TPE et micro-entreprises devront les émettre au 1er septembre 2027.

La question « depuis quand » revient souvent, car la réforme a été annoncée il y a longtemps. Elle a été reportée plusieurs fois. Le calendrier en vigueur aujourd’hui a été fixé par la loi de finances pour 2024, puis ajusté ensuite.

Les deux dates à retenir

  • 1er septembre 2026 : toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent aussi les émettre.
  • 1er septembre 2027 : les PME, TPE et micro-entreprises doivent à leur tour émettre leurs factures en format électronique.

La transmission des données de vente et de paiement suit le même calendrier, selon la taille de l’entreprise.

Ce que cela veut dire pour vous

Imaginons un coiffeur qui achète ses produits chez un grossiste. Dès septembre 2026, ce grossiste, s’il est une grosse structure, lui enverra des factures électroniques. Le coiffeur devra donc avoir une plateforme pour les recevoir, même s’il émet encore ses propres factures à l’ancienne.

En septembre 2027, ce même coiffeur devra émettre ses factures aux professionnels par sa plateforme. Pour ses clientes particulières, il déclarera simplement ses ventes.

Faut-il attendre la dernière minute ?

Non, et pour trois raisons :

  • les éditeurs de logiciels seront très sollicités juste avant les échéances ;
  • changer d’outil demande quelques semaines d’habitude ;
  • vous pouvez tester le nouveau fonctionnement tranquillement, sans pression.

Un dernier point : les dates ont déjà bougé. Vérifiez-les régulièrement sur les sites officiels. Votre expert-comptable ou votre éditeur de logiciel vous préviendra aussi en cas de changement.

La page de l’administration fiscale sur la facturation électronique et les plateformes agréées est la référence pour suivre le calendrier à jour.

La facturation électronique est obligatoire pour qui ?

Elle concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, pour leurs factures à d'autres entreprises françaises assujetties, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique.

La règle est large. Peu importe que vous soyez en société, en entreprise individuelle ou en micro-entreprise. Ce qui compte, c’est d’être assujetti à la TVA, c’est-à-dire exercer une activité économique soumise à la TVA, même si vous n’en facturez pas.

Les opérations concernées

Type de vente Ce qu’il faut faire Exemple
Entre deux entreprises en France Facture électronique par plateforme Un électricien facture un cabinet d’avocat
À un particulier Déclaration des données de vente Une boulangerie vend du pain
À une entreprise étrangère Déclaration des données de vente Un traducteur facture un client belge
Achat à un fournisseur français Réception par plateforme Un garage reçoit la facture de ses pièces

Qui n’est pas concerné ?

  • Les structures non assujetties à la TVA, comme beaucoup de petites associations sans activité commerciale, pour leurs propres factures.
  • Certaines opérations exonérées spécifiques, prévues par les textes.

Attention : une activité exonérée de TVA ne veut pas dire non assujettie. Un médecin ou un formateur exonéré peut rester concerné par la réception. En cas de doute, demandez à votre expert-comptable.

Quelques cas concrets

  • Le gîte qui accueille surtout des familles : peu de factures électroniques à émettre, mais des données de vente à transmettre et des factures de fournisseurs à recevoir.
  • L’avocat qui conseille des entreprises : la plupart de ses factures passeront par la plateforme.
  • Le plombier qui travaille pour des particuliers et des syndics : un mélange des deux, géré par le même outil.

Dans tous les cas, la réception est le premier rendez-vous. Même si vous ne facturez que des particuliers, vous recevez des factures de vos fournisseurs.

La facturation électronique est-elle obligatoire pour les auto-entrepreneurs ?

Oui. Les micro-entrepreneurs, même en franchise de TVA, sont concernés : réception des factures électroniques dès septembre 2026, émission pour leurs clients professionnels à partir de septembre 2027.

C’est l’une des questions les plus fréquentes. Beaucoup d’auto-entrepreneurs pensent être exclus, car ils ne facturent pas de TVA. C’est une erreur courante.

Un micro-entrepreneur en franchise en base de TVA ne collecte pas la TVA, mais il reste assujetti. Il exerce une activité économique. La réforme s’applique donc à lui, avec le même calendrier que les TPE.

Ce qui change pour un auto-entrepreneur

  • Dès le 1er septembre 2026 : il doit pouvoir recevoir des factures électroniques de ses fournisseurs.
  • À partir du 1er septembre 2027 : il doit émettre ses factures à des clients professionnels par une plateforme agréée.
  • Pour ses clients particuliers : il n’envoie pas de facture électronique, mais des données de vente sont prévues, selon des modalités à vérifier pour son régime.

Exemples de situations

  • Une graphiste freelance qui travaille pour des agences et des PME : presque toutes ses factures passeront par la plateforme.
  • Un coach sportif qui facture surtout des particuliers : peu de factures électroniques, mais il doit quand même recevoir celles de ses fournisseurs.
  • Un dépanneur informatique qui mélange entreprises et particuliers : il lui faut un outil qui gère les deux.

La mention de franchise de TVA reste

La mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » doit toujours figurer. Le logiciel l’ajoute en général automatiquement si vous avez bien paramétré votre statut.

Le bon réflexe

Beaucoup d’auto-entrepreneurs facturent encore sur un tableur. Le passage à un outil simple peut se faire en une après-midi. Choisissez-le pour sa simplicité, pas pour ses options. Vérifiez surtout qu’il est relié à une plateforme agréée, ou qu’il le sera avant 2027.

Si vous travaillez sur un Mac et voulez un outil qui s’y intègre bien, le guide sur les logiciels de devis et factures sur Mac vous aidera à trier.

Comment ça marche, la facturation électronique obligatoire ?

Vous créez la facture dans votre logiciel. Il l'envoie à votre plateforme agréée, qui la transmet à celle de votre client et communique les données utiles à l'administration fiscale.

Le circuit paraît technique, mais il est simple vu de votre bureau. Vous ne verrez presque rien de différent.

Le trajet d’une facture, étape par étape

  1. Vous saisissez la facture dans votre logiciel, comme aujourd’hui.
  2. Le logiciel la met au bon format (Factur-X, UBL ou CII).
  3. Il l’envoie à votre plateforme agréée, celle que vous avez choisie.
  4. Votre plateforme consulte l’annuaire public pour trouver la plateforme de votre client.
  5. Elle transmet la facture à la plateforme de votre client.
  6. Les données fiscales partent vers l’administration, automatiquement.
  7. Le client reçoit la facture dans son propre outil, prête à être payée.

Le rôle de l’annuaire

L’État tient un annuaire central. Il indique, pour chaque entreprise, quelle plateforme reçoit ses factures. C’est grâce à lui que votre facture arrive au bon endroit, sans adresse e-mail à connaître.

Les statuts de la facture

Nouveauté utile : chaque facture aura un statut suivi. Déposée, reçue, acceptée, refusée, payée… Vous saurez enfin si votre client a bien reçu la facture.

Prenons un paysagiste qui facture l’entretien d’un hôtel. Il voit dans son outil que la facture est « acceptée », puis « payée ». S’il n’y a pas de paiement à l’échéance, il sait qu’il doit relancer. Pour cette étape, les SMS de relance client peuvent faire gagner beaucoup de temps.

Et pour les ventes aux particuliers ?

Là, pas de facture électronique. Votre outil regroupe les ventes et transmet les totaux à l’administration par la plateforme. Une boulangerie n’envoie pas chaque ticket : elle transmet des données résumées.

Ce que vous devez faire vous-même

  • choisir votre plateforme agréée ;
  • vérifier que votre logiciel y est connecté ;
  • tenir à jour les informations de vos clients, notamment leur numéro SIREN.

Le reste est géré par les outils.

Quelle plateforme choisir pour la facturation électronique obligatoire ?

Vous devez passer par une plateforme agréée par l'administration fiscale. La liste officielle est publiée par l'État. Votre logiciel de facturation actuel peut souvent s'y connecter directement.

Au départ, l’État prévoyait un portail public gratuit pour émettre des factures. Ce projet a changé. Le portail public sert désormais d’annuaire et de point central pour les données. Pour émettre et recevoir, il faut passer par une plateforme agréée.

Plateforme agréée ou logiciel : quelle différence ?

  • La plateforme agréée est l’intermédiaire officiel. Elle transmet les factures et les données au fisc. Elle est immatriculée par l’administration.
  • Le logiciel de facturation est l’outil où vous créez vos devis et factures. Certains sont eux-mêmes plateformes agréées. D’autres se connectent à une plateforme partenaire.

Pour vous, l’idéal est souvent un logiciel qui gère tout, de façon transparente.

Les critères pour bien choisir

Critère Question à poser
Agrément La plateforme figure-t-elle sur la liste officielle ?
Simplicité Pouvez-vous faire une facture en quelques clics ?
Devis Le devis se transforme-t-il en facture sans ressaisie ?
Métier Gère-t-il les acomptes, les situations de chantier, les forfaits ?
Lien comptable Votre expert-comptable peut-il accéder aux données ?
Mobilité Pouvez-vous facturer depuis votre téléphone sur un chantier ?

Des exemples selon les métiers

  • Un maçon aura besoin d’acomptes et de factures de situation.
  • Une esthéticienne cherchera surtout un lien avec sa caisse et son agenda.
  • Un consultant privilégiera la facturation récurrente et le suivi des paiements.

Le piège à éviter

Ne choisissez pas une plateforme isolée, sans lien avec vos devis ni votre comptabilité. Vous ressaisiriez tout deux fois. Demandez à votre éditeur actuel ce qu’il prévoit : beaucoup ont déjà un partenariat ou un agrément.

Votre expert-comptable est aussi un bon conseil. Certains cabinets proposent une plateforme à leurs clients, ce qui simplifie les échanges.

La facturation électronique obligatoire est-elle payante ou gratuite ?

L'obligation elle-même ne coûte rien, mais il n'existe plus de plateforme publique gratuite pour émettre. Les offres privées vont de formules d'entrée légères à quelques dizaines d'euros par mois.

C’est souvent la vraie inquiétude. Un artisan seul n’a pas envie d’ajouter un abonnement de plus.

Ce qui a changé

Le projet initial d’un portail public gratuit pour émettre ses factures a été abandonné. Il faut donc passer par une plateforme privée agréée. Ces plateformes fixent librement leurs prix.

Les fourchettes à connaître

Les tarifs changent souvent, et varient selon les options. De façon générale :

  • certaines solutions proposent une offre d’entrée gratuite ou presque, souvent limitée en volume ou en fonctions ;
  • les logiciels de facturation complets coûtent en général quelques euros à quelques dizaines d’euros par mois ;
  • les solutions intégrées à une comptabilité ou à un logiciel métier peuvent coûter davantage.

Vérifiez toujours le prix actuel sur le site de l’éditeur, et lisez les limites de l’offre gratuite.

Comment comparer intelligemment

Poste À vérifier
Abonnement Prix mensuel ou annuel, engagement
Volume Nombre de factures inclus
Réception Comprise ou facturée à part
Utilisateurs Un seul ou plusieurs comptes
Options Relances, paiement en ligne, lien bancaire

Un coût, mais aussi un gain de temps

Prenons une fleuriste qui passe du temps chaque semaine à recopier ses factures pour son comptable. Avec un outil connecté, ce travail disparaît. L’abonnement est souvent compensé par les heures gagnées et les impayés évités.

Les frais cachés à surveiller

  • les frais de mise en service ou de reprise de vos anciennes données ;
  • les options vendues séparément (relances, signature de devis) ;
  • le coût d’une sortie si vous changez d’outil plus tard.

Un conseil : si vous payez déjà un logiciel de facturation, demandez d’abord si la mise en conformité est incluse. C’est souvent le cas chez les éditeurs sérieux.

Le logiciel de caisse certifié est-il obligatoire pour un commerçant ?

Oui, si vous êtes assujetti à la TVA, vendez à des particuliers et enregistrez ces ventes avec un logiciel ou une caisse. Celui-ci doit alors être certifié par un organisme accrédité.

Cette obligation existe depuis 2018. Elle est différente de la facturation électronique, mais on les confond souvent. Elle concerne surtout les commerçants qui encaissent des particuliers au comptoir.

Qui est concerné ?

  • Le boulanger, le caviste, le coiffeur, le restaurateur qui utilisent une caisse enregistreuse ou un logiciel d’encaissement.
  • Les commerçants assujettis à la TVA qui enregistrent leurs ventes aux particuliers par informatique.

Les entreprises en franchise en base de TVA en sont dispensées, tout comme celles qui n’utilisent aucun logiciel de caisse. Vérifiez votre cas précis avec votre expert-comptable.

Ce que doit garantir le logiciel

Un logiciel de caisse conforme respecte quatre conditions :

  1. Inaltérabilité : une vente enregistrée ne peut pas être effacée ou modifiée en douce.
  2. Sécurisation : les données sont protégées.
  3. Conservation : les données sont gardées le temps prévu par la loi.
  4. Archivage : elles sont archivées de façon lisible en cas de contrôle.

Le certificat

Depuis les règles récentes, une simple attestation de l’éditeur ne suffit plus. Il faut un certificat délivré par un organisme accrédité. Demandez ce document à votre fournisseur et gardez-le précieusement.

Et pour une boutique en ligne ?

Une boutique en ligne qui vend à des particuliers entre dans la logique de transmission des données de vente à partir de 2027. Son outil de vente doit donc produire des données propres et cohérentes avec la comptabilité. Pour ceux qui gèrent aussi des produits en rayon ou en entrepôt, le guide sur le choix d’un logiciel de gestion de stock complète bien la réflexion.

Un site bien organisé facilite tout cela. L’exemple de L’Armurerie NéA, boutique en ligne dont le site a été remis au propre, avec catalogue photo, Google Shopping et blog réorganisé, montre l’intérêt d’une base saine.

Quelles mentions doivent figurer sur une facture avec la réforme ?

Les mentions habituelles restent obligatoires. La réforme en ajoute quelques-unes : numéro SIREN du client, adresse de livraison si elle diffère, nature de l'opération et, le cas échéant, option de TVA sur les débits.

Une facture incomplète peut coûter cher en cas de contrôle. Avec la réforme, c’est aussi une facture que la plateforme peut refuser. Mieux vaut donc vérifier vos modèles dès maintenant.

Les mentions de base, toujours obligatoires

  • la date d’émission et un numéro unique, qui suit une suite chronologique ;
  • votre nom ou raison sociale, votre adresse et votre numéro SIREN ;
  • le nom et l’adresse du client ;
  • la date de la vente ou de la prestation ;
  • la désignation précise des produits ou services, la quantité et le prix unitaire hors taxes ;
  • le taux et le montant de TVA, ou la mention de franchise ;
  • le total hors taxes et toutes taxes comprises ;
  • la date d’échéance du paiement et les pénalités de retard ;
  • l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, entre professionnels.

La liste complète et à jour se trouve sur la fiche officielle des mentions obligatoires d’une facture.

Les nouvelles mentions prévues

Nouvelle mention Exemple concret
SIREN du client Le plombier indique le SIREN du syndic
Adresse de livraison si différente Le fournisseur livre sur le chantier, pas au siège
Nature de l’opération Vente de biens, prestation de services, ou les deux
Option TVA sur les débits Si l’entreprise a choisi ce régime

Le cas des factures mixtes

Un chauffagiste qui fournit une chaudière et la pose réalise une opération mixte. Sa facture devra l’indiquer. Un bon logiciel le propose dans une liste, sans que vous ayez à y réfléchir.

Le réflexe pratique

Mettez à jour votre fichier clients. Ajoutez le SIREN de chaque client professionnel. C’est la tâche la plus longue, et elle peut se faire tranquillement, bien avant 2027.

Que risque-t-on si on ne respecte pas l’obligation de facturation électronique ?

La loi prévoit une amende de 15 euros par facture non émise au format électronique et de 250 euros par défaut de transmission de données, chacune plafonnée à 15 000 euros par an.

Les sanctions sont fixées par le Code général des impôts. Elles peuvent évoluer, alors vérifiez-les sur les sites officiels. Le texte en vigueur à ce jour prévoit :

  • 15 euros par facture qui n’est pas émise en format électronique alors qu’elle devrait l’être ;
  • 250 euros par manquement à la transmission des données de vente ou de paiement ;
  • un plafond de 15 000 euros par année civile pour chacune de ces deux amendes.

Une tolérance est prévue pour un premier manquement corrigé rapidement. Ne comptez pas dessus pour repousser la mise en place.

Les risques moins visibles

L’amende n’est pas le seul problème. Imaginez un menuisier dont le client, une entreprise, ne peut pas traiter une facture papier dans son système. Le paiement risque de traîner. Sans plateforme, vous risquez aussi de ne pas recevoir les factures de vos fournisseurs à temps.

Les sanctions sur les mentions

Indépendamment de la réforme, une facture incomplète expose aussi à des amendes. Une facture absente ou fausse peut coûter beaucoup plus. La rigueur sur les mentions protège donc doublement.

Les autres règles à ne pas oublier

Vos factures contiennent des données personnelles de vos clients particuliers : nom, adresse, parfois téléphone. Ces informations sont protégées par le RGPD. Les principes généraux sont expliqués sur la page de la CNIL qui présente le RGPD.

Si vous utilisez des outils d’intelligence artificielle pour rédiger vos devis ou trier vos factures, d’autres règles européennes arrivent aussi. Le guide sur ce que l’AI Act change pour une TPE fait le point simplement.

Le bon état d’esprit

La réforme n’a pas pour but de piéger les petites entreprises. Elle cherche à généraliser un circuit plus fiable. Une fois l’outil en place, la conformité devient automatique.

Comment se préparer à la facturation électronique obligatoire, étape par étape ?

Faites l'inventaire de vos factures, choisissez un logiciel relié à une plateforme agréée, complétez votre fichier clients, testez quelques mois avant l'échéance, puis automatisez devis et relances.

Une préparation calme tient en quelques étapes. Pas besoin d’y consacrer des semaines.

Étape 1 : faire le point

Notez comment vous facturez aujourd’hui. Combien de factures par mois ? Quelle part pour des entreprises, quelle part pour des particuliers ? Avec quel outil ? Un coiffeur et un avocat n’auront pas les mêmes besoins.

Étape 2 : interroger votre éditeur ou votre comptable

Si vous avez déjà un logiciel, posez deux questions :

  • est-il plateforme agréée, ou relié à une plateforme agréée ?
  • la mise en conformité est-elle incluse dans votre abonnement ?

Étape 3 : choisir l’outil

Si vous partez de Word ou d’Excel, choisissez un outil simple, adapté à votre métier, connecté à votre banque et à votre comptable.

Étape 4 : préparer vos données

  • complétez le SIREN de vos clients professionnels ;
  • vérifiez vos coordonnées et votre statut de TVA ;
  • mettez à jour vos modèles de devis et de factures.

Étape 5 : tester tôt

Commencez par recevoir vos factures fournisseurs dès 2026. Puis émettez quelques factures en mode électronique avant l’échéance de 2027. Vous verrez les petits réglages à faire.

Étape 6 : en profiter pour automatiser

La réforme est une bonne occasion de supprimer les ressaisies. Un devis signé peut devenir facture en un clic. Une facture impayée peut déclencher une relance automatique. Les effets concrets sont détaillés dans le guide sur ce que l’automatisation de la facturation change au quotidien.

Étape 7 : se faire aider si besoin

Si vous n’avez ni le temps ni l’envie de tout connecter vous-même, un accompagnement peut tout installer en une fois. C’est le rôle de notre service pour automatiser vos devis et factures : choix des outils, connexion à la plateforme, relances automatiques.

Les erreurs à éviter

  • attendre l’été 2027 pour s’en occuper ;
  • choisir un outil trop complet que vous n’utiliserez pas ;
  • oublier la réception, qui arrive dès 2026 ;
  • croire qu’un PDF par e-mail suffit.

❓ Questions fréquentes

Un PDF envoyé par e-mail est-il une facture électronique ?

Non, pas au sens de la réforme. Un PDF simple n'est qu'une image de facture. La facture électronique obligatoire doit être dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII) et transiter par une plateforme agréée. Jusqu'aux échéances, votre PDF reste valable. Après, il ne suffira plus pour facturer une autre entreprise assujettie à la TVA en France.

Combien de temps faut-il conserver ses factures ?

Les factures doivent être conservées six ans au titre du contrôle fiscal, et dix ans comme pièces comptables selon le Code de commerce. Une facture électronique se conserve sous sa forme électronique d'origine. Les plateformes et logiciels proposent en général un archivage, mais vérifiez sa durée et la possibilité de récupérer vos données si vous changez d'outil.

Les factures aux particuliers deviennent-elles électroniques ?

Non. Un boulanger, un coiffeur ou un gîte qui vend à des particuliers n'envoie pas de facture électronique à ses clients. En revanche, il transmet des données résumées sur ses ventes à l'administration, par sa plateforme. Le ticket ou la facture remis au client reste comme aujourd'hui, avec les mentions habituelles quand une facture est demandée ou obligatoire.

Mon expert-comptable peut-il gérer la facturation électronique à ma place ?

Il peut beaucoup vous aider. Certains cabinets proposent une plateforme ou un logiciel à leurs clients, et peuvent suivre vos factures reçues. Mais l'émission de vos factures reste de votre responsabilité. Le plus simple est souvent un outil partagé, où vous facturez et où votre comptable récupère directement les données, sans échanges de fichiers.

Puis-je continuer à faire mes devis sur Excel ?

Oui, la réforme concerne les factures, pas les devis. Un devis fait sur Excel reste valable s'il contient les bonnes informations. Mais vous devrez ensuite ressaisir la facture dans un outil conforme. C'est une perte de temps et une source d'erreurs. Un logiciel qui transforme le devis accepté en facture évite ce double travail.

Que faire si mon logiciel actuel ne prévoit rien pour la réforme ?

Demandez d'abord par écrit à l'éditeur ce qu'il prévoit et à quelle date. S'il n'a ni agrément ni partenariat avec une plateforme agréée, prévoyez un changement d'outil en 2026. Exportez vos clients, vos articles et vos factures passées avant de partir. Choisir tôt vous laisse le temps de tester sans pression avant l'échéance de 2027.

Un changement de plateforme est-il possible plus tard ?

Oui, vous n'êtes pas lié à vie. L'annuaire central indique quelle plateforme reçoit vos factures ; il suffit de le mettre à jour lors d'un changement. Vérifiez quand même les conditions d'engagement et la récupération de vos archives. Une sortie mal préparée peut faire perdre des données ou créer une période de flottement.

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Alain Houessou

Écrit par

Alain Houessou

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