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Mise en demeure de paiement : quand et comment l'envoyer à un client

Mis à jour le Par Alain Houessou15 min de lecture

Vous avez relancé votre client plusieurs fois, et la facture n'est toujours pas payée ? Vous voulez passer à l'étape officielle sans faire d'erreur ? Prenez 15 minutes avec Alain pour faire le point sur vos impayés et sur la façon d'éviter qu'ils reviennent.

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Table des matières
  1. Qu’est-ce qu’une mise en demeure de paiement ?
  2. Quand faire une mise en demeure de payer ?
  3. Qui peut faire une mise en demeure ?
  4. Comment faire une mise en demeure de payer, étape par étape ?
  5. Que doit contenir une lettre de mise en demeure de payer ?
  6. Quel délai donner dans une mise en demeure de payer ?
  7. Mise en demeure : 8 ou 15 jours ?
  8. Mise en demeure : 8 jours ouvrés ou ouvrables ?
  9. Comment envoyer une mise en demeure : lettre recommandée ou mail ?
  10. Que faire si le client ne paie pas après la mise en demeure ?
  11. Quelles erreurs éviter dans une mise en demeure de payer ?
  12. Comment éviter d’en arriver à une mise en demeure ?

🧠 Mise en demeure : de quelle aide avez-vous besoin ?

📊 Les moyens d'envoyer une mise en demeure, comparés

Moyen d'envoiValeur de preuveCoût indicatifQuand l'utiliser
Mail simpleFaible : la réception est difficile à prouverGratuitEn complément d'un envoi plus solide, ou si le contrat le prévoit
Lettre recommandée avec accusé de réceptionBonne : date d'envoi et de réception prouvéesQuelques euros, tarifs variablesLe cas le plus courant pour un artisan ou une TPE
Lettre recommandée électroniqueBonne, équivalente au papier si le service est qualifiéQuelques euros, selon le prestataireSi vous voulez tout faire depuis votre ordinateur
Remise en main propre contre signatureBonne si le client signe et date un doubleGratuitClient proche, que vous voyez encore
Lettre d'avocatBonne, avec un effet dissuasif plus fortQuelques dizaines à quelques centaines d'eurosMontant important ou client de mauvaise foi
Sommation par commissaire de justiceTrès forte : acte officielQuelques dizaines d'euros ou plus, selon l'acteQuand vous voulez préparer une suite en justice

Qu’est-ce qu’une mise en demeure de paiement ?

Une mise en demeure de paiement est un courrier officiel qui exige d'un client qu'il règle une somme due dans un délai précis, sous peine de poursuites.

C’est l’avertissement formel. Jusque-là, vous avez relancé poliment. Avec la mise en demeure, vous dites clairement : « payez avant telle date, sinon je saisis la justice ».

Le Code civil prévoit que le débiteur est mis en demeure par une sommation ou par un acte « portant interpellation suffisante ». En clair : un écrit qui ne laisse aucun doute sur ce que vous réclamez.

À quoi elle sert concrètement

  • Elle prouve que vous avez réclamé. Un juge voudra savoir si vous avez laissé une vraie chance au client de payer.
  • Elle fait courir les intérêts de retard. Pour une somme d’argent, la mise en demeure déclenche les intérêts au taux d’intérêt légal publié par la Banque de France.
  • Elle fait souvent payer. Beaucoup de clients qui ignoraient vos relances réagissent quand le mot « mise en demeure » apparaît.

Relance ou mise en demeure : la différence

Relance Mise en demeure
Ton Courtois, commercial Ferme, juridique
Délai Souvent flou Date limite précise
Conséquence annoncée Aucune Poursuites, intérêts
Valeur devant un juge Faible Forte

Prenons un plombier qui a remplacé un chauffe-eau chez un particulier. Trois relances par mail restent sans réponse. La mise en demeure est la lettre qui change le rapport de force. Elle n’est pas une attaque : c’est la dernière porte ouverte à l’amiable.

Quand faire une mise en demeure de payer ?

On envoie une mise en demeure de payer après l'échéance de la facture, quand une ou plusieurs relances amiables sont restées sans effet, et avant toute action en justice.

Il n’y a pas de date imposée. Mais il y a un bon moment, et deux mauvais.

Trop tôt, vous braquez un client qui avait juste oublié. Un retard de quelques jours mérite une relance aimable, pas un courrier juridique.

Trop tard, vous perdez du temps et parfois vos droits. Une facture qui traîne des mois devient plus difficile à récupérer.

Une chronologie qui fonctionne bien

  1. Le jour de l’échéance passée : un premier rappel courtois par mail.
  2. Une à deux semaines plus tard : une deuxième relance, plus ferme, avec un appel téléphonique.
  3. Encore une à deux semaines : une dernière relance écrite qui annonce la mise en demeure.
  4. Puis : la mise en demeure elle-même.

Pour les textes des premières relances, appuyez-vous sur nos modèles de mail de relance pour la 1re, 2e et 3e relance. La marche complète, jusqu’au recouvrement, est détaillée dans le guide sur la facture impayée, de la relance à l’amiable au recouvrement.

Ne laissez pas filer le temps

Une créance ne se réclame pas indéfiniment. Entre professionnels, le délai est en principe de cinq ans. Quand un professionnel réclame un paiement à un particulier pour un bien ou un service, il tombe en principe à deux ans.

Un menuisier qui attend un solde depuis dix-huit mois chez un particulier doit donc agir sans attendre. Un coiffeur qui facture une prestation à une entreprise pour un événement a plus de marge, mais rien ne sert de patienter : plus le temps passe, moins le client se sent tenu de payer.

Qui peut faire une mise en demeure ?

Le créancier peut rédiger et envoyer lui-même la mise en demeure. Il peut aussi la confier à un avocat, un commissaire de justice ou une société de recouvrement.

Bonne nouvelle : vous n’avez besoin de personne pour envoyer une mise en demeure. Le patron d’une TPE, l’artisan ou le commerçant à qui l’argent est dû peut l’écrire et la signer seul.

Les options possibles

  • Vous-même. C’est gratuit, hors frais d’envoi. Avec un bon modèle, c’est à la portée de tous.
  • Votre avocat. La lettre sur papier à en-tête d’un cabinet impressionne davantage. Comptez de quelques dizaines à quelques centaines d’euros selon le cabinet et le dossier.
  • Un commissaire de justice (l’ancien huissier). Il peut délivrer une sommation de payer, un acte officiel au poids très fort.
  • Une société de recouvrement. Elle relance à votre place, souvent contre un pourcentage de la somme récupérée ou un forfait.
  • Votre protection juridique. Si vous avez un contrat d’assurance avec cette garantie, elle peut prendre en charge tout ou partie des démarches. Vérifiez vos conditions.

Comment choisir

Tout dépend du montant et du client.

Situation Option la plus adaptée
Petite facture, client de bonne foi mais négligent Vous-même
Montant important, client qui fait le mort Avocat ou commissaire de justice
Beaucoup de petits impayés à suivre Société de recouvrement ou relances automatisées

Un boulanger qui livre un restaurant et attend deux factures peut très bien écrire sa lettre seul. Un artisan du bâtiment qui attend le solde d’un gros chantier aura souvent intérêt à faire appel à un avocat dès cette étape.

Comment faire une mise en demeure de payer, étape par étape ?

Pour faire une mise en demeure de payer : rassemblez les pièces, calculez la somme due, rédigez une lettre claire avec une date limite, puis envoyez-la en recommandé avec accusé de réception.

La méthode tient en six étapes simples. Suivez-les dans l’ordre.

1. Rassemblez votre dossier

Devis signé, bon de commande, facture, échanges de mails, relances déjà envoyées. Tout ce qui prouve que le travail a été fait et que le client vous doit de l’argent.

2. Vérifiez la somme exacte

Montant de la facture, moins les acomptes déjà versés. Entre professionnels, ajoutez les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Ne gonflez rien : un chiffre faux affaiblit tout le courrier.

3. Rédigez la lettre

Le titre « Mise en demeure » doit apparaître clairement. Le contenu détaillé est expliqué juste après. Si vous partez d’une lettre de relance déjà rédigée, notre modèle de lettre de relance pour facture impayée vous donne une bonne base à durcir.

4. Fixez une date limite

Plutôt « avant le 15 mars » que « sous huit jours ». Le client n’a plus d’excuse pour mal compter.

5. Envoyez avec une preuve

La lettre recommandée avec accusé de réception reste la référence. Gardez la preuve de dépôt et l’accusé de réception.

6. Notez la suite dans votre agenda

Le lendemain de la date limite, vous vérifiez le compte bancaire. Pas de paiement ? Vous passez à l’étape suivante, sans relancer une énième fois.

Un électricien qui suit ces étapes envoie une lettre en une demi-heure. Ce qui prend du temps, c’est surtout de retrouver les pièces. D’où l’intérêt de bien classer devis et factures dès le départ.

Que doit contenir une lettre de mise en demeure de payer ?

Une lettre de mise en demeure de payer indique les parties, la facture concernée, la somme due, une date limite de paiement et la suite prévue en cas de silence.

Une bonne lettre est courte, précise et froide. Pas de reproches, pas d’émotion. Des faits.

Les mentions indispensables

  • Vos coordonnées complètes (nom, raison sociale, SIRET, adresse).
  • Celles du client.
  • La date et le lieu.
  • Le titre « Mise en demeure de payer ».
  • La référence de la facture, sa date et son échéance.
  • La somme due, détaillée.
  • Un rappel des relances déjà faites.
  • La date limite de paiement.
  • Ce que vous ferez sinon : saisir la juridiction compétente.
  • Votre signature.

Modèle de courrier à adapter

Objet : Mise en demeure de payer – facture n° [numéro] du [date]

Madame, Monsieur,

Le [date], je vous ai adressé la facture n° [numéro] d’un montant de [montant] € TTC, correspondant à [nature des travaux ou de la prestation]. Son échéance était fixée au [date].

Malgré mes relances du [date] et du [date], cette somme reste impayée à ce jour.

Par la présente, je vous mets en demeure de me régler la somme de [montant] € au plus tard le [date limite].

À défaut de paiement à cette date, je saisirai la juridiction compétente pour obtenir le recouvrement de cette somme, augmentée des intérêts et frais.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

[Nom, fonction, signature]

Si votre client est un professionnel

Ajoutez une ligne pour réclamer les pénalités de retard prévues sur votre facture et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.

Un avocat qui facture des honoraires à une société, ou un gîte qui loue à une entreprise pour un séminaire, utilisera cette version complétée. Un coiffeur à domicile qui réclame une prestation à un particulier gardera la version simple.

Quel délai donner dans une mise en demeure de payer ?

Aucun texte n'impose un délai précis pour une mise en demeure de payer. Il doit être raisonnable : en pratique, on laisse généralement 8 ou 15 jours au client.

C’est une question qui revient sans cesse : y a-t-il un délai légal ? Pour la mise en demeure elle-même, non. La loi demande seulement que le client ait une vraie possibilité de payer.

Un délai de 48 heures serait jugé trop court. Un délai de deux mois enlève toute urgence. Entre les deux, 8 ou 15 jours sont l’usage le plus répandu.

Ne confondez pas deux délais

  • Le délai de paiement de la facture. Celui-là est encadré par la loi, surtout entre entreprises. Il fixe la date d’échéance.
  • Le délai de la mise en demeure. Il commence une fois l’échéance dépassée et que vous avez réclamé. C’est le dernier sursis que vous accordez.

Pour bien maîtriser le premier, lisez notre article sur le délai de paiement d’une facture et ce que dit la loi (30, 45, 60 jours). La fiche officielle sur les délais de paiement entre entreprises et les pénalités de retard précise aussi les règles applicables.

Entre professionnels, les pénalités courent déjà

Dans une relation entre entreprises, les pénalités de retard sont dues dès le lendemain de l’échéance, sans qu’un rappel soit nécessaire. L’indemnité forfaitaire de 40 € aussi. La mise en demeure ne les crée pas : elle les rappelle.

Avec un particulier, c’est différent. Les intérêts au taux légal courent en principe à partir de la mise en demeure. Raison de plus pour ne pas trop tarder à l’envoyer.

Mise en demeure : 8 ou 15 jours ?

Huit jours conviennent à une petite somme ou un client déjà relancé plusieurs fois. Quinze jours laissent plus de marge pour un montant élevé, un particulier ou un organisme lent.

Les deux sont valables. Le choix dépend de votre situation, pas d’une règle.

Choisir 8 jours quand…

  • le client a déjà reçu plusieurs relances sans réagir ;
  • le montant est modeste et ne demande pas de démarche particulière ;
  • vous sentez que le client joue la montre.

Choisir 15 jours quand…

  • la somme est importante et le client peut avoir besoin d’organiser son paiement ;
  • vous écrivez à un particulier, qui peut être absent quelques jours ;
  • le client est une structure où les paiements passent par plusieurs validations ;
  • vous tenez à garder une bonne relation commerciale.
Situation Délai conseillé
Facture de dépannage chez un particulier, trois relances ignorées 8 jours
Solde d’un gros chantier de rénovation 15 jours
Livraisons régulières à un restaurant, deux factures en retard 8 jours
Prestation pour une collectivité ou une grande entreprise 15 jours

Un point compte plus que le chiffre

Ce qui protège vraiment, c’est la clarté. Un juge regardera surtout si le délai était raisonnable et si la demande était sans ambiguïté. Un délai de 10 jours bien écrit vaut mieux qu’un « 8 jours » mal daté.

Prenez l’exemple d’un paysagiste qui attend le paiement d’un entretien de jardin. Le client a ignoré trois mails. Huit jours suffisent. Pour un couvreur qui attend plusieurs milliers d’euros après une réfection de toiture, quinze jours montrent votre bonne foi sans rien céder.

Mise en demeure : 8 jours ouvrés ou ouvrables ?

Les jours ouvrés sont les jours travaillés, souvent du lundi au vendredi. Les jours ouvrables vont du lundi au samedi. Le plus sûr : écrire une date limite précise.

La nuance paraît minuscule. Elle peut pourtant décaler votre date limite de plusieurs jours.

Les trois façons de compter

  • Jours calendaires : tous les jours, week-ends et jours fériés compris.
  • Jours ouvrables : tous les jours sauf le dimanche et les jours fériés, soit en général du lundi au samedi.
  • Jours ouvrés : les jours réellement travaillés, le plus souvent du lundi au vendredi, hors jours fériés.

Exemple concret

Votre client reçoit la lettre un lundi. « 8 jours calendaires » mène au mardi suivant. « 8 jours ouvrables » mène au mercredi suivant. « 8 jours ouvrés » mène au jeudi suivant. Avec un jour férié au milieu, l’écart grandit encore.

Le conseil le plus simple

N’écrivez ni l’un ni l’autre. Écrivez une date : « au plus tard le vendredi 14 mars ». Plus de calcul, plus de discussion.

Si vous tenez à un nombre de jours, précisez :

  • le type de jours (« 15 jours calendaires ») ;
  • le point de départ (« à compter de la réception du présent courrier »).

Attention au point de départ

Une lettre recommandée peut mettre quelques jours à arriver. Le client peut aussi la retirer tard au bureau de poste. Fixez donc votre date limite en gardant une marge après la date probable de réception.

Une fleuriste qui poste sa lettre un jeudi soir, avant un week-end prolongé, a tout intérêt à viser une date bien au-delà des 8 jours pour éviter tout débat.

Comment envoyer une mise en demeure : lettre recommandée ou mail ?

La lettre recommandée avec accusé de réception reste le moyen le plus sûr. Un mail a une valeur plus fragile, car il est difficile de prouver que le client l'a reçu.

En droit, la mise en demeure n’exige pas une forme unique. Ce qui compte, c’est de pouvoir prouver que le client l’a reçue. Et c’est là que les moyens d’envoi ne se valent pas.

La lettre recommandée avec accusé de réception

C’est la solution classique. Vous avez une date d’envoi, une date de réception et une signature. Elle coûte quelques euros, selon les tarifs en vigueur, qui changent régulièrement.

Si le client ne va pas chercher la lettre, ce n’est pas perdu. Le pli revient avec la mention « avisé, non réclamé ». Conservez-le fermé : il prouve que vous avez tenté de le joindre.

La lettre recommandée électronique

Elle s’envoie depuis un ordinateur, via un prestataire. Lorsqu’elle est délivrée par un service qualifié, elle a la même valeur qu’un recommandé papier. Pratique si vous n’avez pas le temps de passer au bureau de poste.

Le mail simple

Une mise en demeure par mail n’est pas sans valeur. Mais la preuve de réception est fragile. Un client peut toujours dire qu’il ne l’a jamais vue.

Le bon réflexe : envoyer la mise en demeure par mail et en recommandé. Le mail fait réagir vite. Le recommandé protège.

Les autres options

  • La remise en main propre contre un double signé et daté par le client.
  • La sommation de payer délivrée par un commissaire de justice, plus coûteuse mais incontestable.

Un traiteur qui voit encore son client régulièrement peut lui remettre la lettre en main propre. Un artisan dont le client a déménagé passera plutôt par le recommandé, envoyé à la dernière adresse connue.

Que faire si le client ne paie pas après la mise en demeure ?

Si la date limite passe sans paiement, vous pouvez demander une injonction de payer au tribunal, passer par un commissaire de justice pour les petites sommes, ou confier le recouvrement.

La date est passée, le compte est toujours vide. Pas de panique : vous avez préparé le terrain, et plusieurs chemins s’ouvrent.

Tenter un dernier contact

Un appel peut encore débloquer les choses. Certains clients ne paient pas parce qu’ils ne peuvent pas. Un échéancier écrit et signé vaut parfois mieux qu’une procédure longue.

L’injonction de payer

C’est la procédure la plus utilisée par les petites entreprises. Vous déposez une requête au tribunal, avec vos pièces. Le juge décide sans audience. S’il vous donne raison, l’ordonnance est ensuite signifiée au client par un commissaire de justice. La fiche officielle sur la procédure d’injonction de payer détaille le tribunal compétent et les formulaires.

Votre mise en demeure et vos relances font partie des pièces à joindre. D’où l’importance de les avoir gardées.

La procédure simplifiée pour les petites créances

Pour une somme ne dépassant pas 5 000 €, un commissaire de justice peut proposer au client un accord de paiement, sans passer par le juge. Si le client accepte, l’accord peut devenir exécutoire.

D’autres voies possibles

  • Le référé-provision, quand la dette n’est pas sérieusement contestable et que la somme est importante.
  • Une société de recouvrement, qui prend le relais des relances.
  • Un avocat, utile si le client conteste le travail réalisé.

Si le client est en difficulté

Une entreprise placée en redressement ou en liquidation ne peut plus vous payer directement. Vous devez déclarer votre créance auprès du mandataire judiciaire, dans les délais fixés.

Un carreleur qui attend 1 800 € d’un particulier optera souvent pour l’injonction de payer ou la procédure des petites créances. C’est simple, et peu coûteux.

Quelles erreurs éviter dans une mise en demeure de payer ?

Les erreurs les plus fréquentes : un montant faux, l'absence de date limite, un ton agressif, des menaces excessives et un envoi sans preuve de réception.

Une mise en demeure mal faite peut se retourner contre vous. Vérifiez ces points avant d’envoyer.

Les erreurs de fond

  • Un montant erroné. Oublier un acompte versé, c’est offrir au client une raison de contester tout le courrier.
  • Réclamer ce qui n’est pas prévu. Des pénalités de retard qui ne figurent ni sur votre facture ni dans vos conditions de vente sont difficiles à réclamer à un particulier.
  • Oublier le mot « mise en demeure ». Sans lui, votre lettre ressemble à une simple relance.
  • Pas de date limite. « Merci de régler rapidement » ne suffit pas.

Les erreurs de ton

  • Les insultes ou les reproches personnels. Ils n’apportent rien et peuvent être lus par un juge.
  • Les menaces disproportionnées. Annoncer que vous allez « tout dire sur les réseaux sociaux » ou « venir récupérer le matériel » peut vous mettre en tort.
  • Le harcèlement. Dix appels par jour après la mise en demeure ne font pas payer plus vite.

Les erreurs pratiques

  • Envoyer à une mauvaise adresse ou au mauvais nom de société.
  • Ne pas garder de copie de la lettre.
  • Jeter l’accusé de réception ou le pli non réclamé.
  • Annoncer une action en justice, puis ne rien faire. Le client comprend vite que vos lettres ne sont pas suivies d’effets.

Un exemple fréquent : un photographe réclame le prix d’un reportage de mariage, mais oublie l’acompte versé à la réservation. Le client répond en pointant l’erreur et gagne du temps. Une relecture de deux minutes aurait suffi.

Comment éviter d’en arriver à une mise en demeure ?

Pour éviter la mise en demeure : devis signé, acompte, conditions de paiement claires sur la facture, relances régulières et suivi rigoureux de chaque client.

La meilleure mise en demeure est celle qu’on n’envoie jamais. La plupart des impayés se préparent dès le devis.

Avant le travail

  • Un devis signé, avec le prix, les délais et les conditions de paiement. Un devis qui dort sans réponse doit aussi être suivi : nos conseils pour relancer un devis sans réponse vous aident à clarifier les choses dès le départ.
  • Un acompte à la commande, surtout pour les gros chantiers ou les commandes sur mesure.
  • Des conditions générales de vente qui prévoient pénalités et modalités de paiement.

Pendant et après

  • Une facture envoyée tout de suite, pas trois semaines après la fin du chantier.
  • Un rappel avant l’échéance, simple et poli.
  • Des relances à date fixe, sans attendre d’être en colère.
  • Un suivi client organisé, pour savoir qui a payé, qui est en retard, qui a promis quoi. Notre article sur la gestion de la relation client dans une petite entreprise explique comment s’y prendre.

Pour les boutiques en ligne

Quand le client paie au moment de la commande, la question de l’impayé se pose beaucoup moins. Un site clair, avec un paiement simple, fait partie de la solution. C’est le type de travail mené pour l’Armurerie NéA, boutique en ligne remise au propre.

Laisser les relances partir toutes seules

Un artisan seul n’a pas le temps de surveiller ses échéances. Un outil peut envoyer les factures, les rappels et les relances au bon moment, sans oubli. C’est exactement ce que fait notre service pour automatiser vos devis et vos factures : vous gardez la main, mais vous ne passez plus vos soirées à relancer.

Un plombier qui reçoit ses rappels automatiques reste concentré sur ses chantiers. Et la mise en demeure redevient ce qu’elle doit être : une exception.

❓ Questions fréquentes

Faut-il obligatoirement relancer avant d'envoyer une mise en demeure ?

Non, aucun texte n'oblige à envoyer des relances avant la mise en demeure. Mais c'est fortement conseillé. Un client de bonne foi a souvent juste oublié. Et devant un juge, montrer que vous avez d'abord tenté l'amiable joue en votre faveur. Une ou deux relances écrites, puis la mise en demeure, restent la méthode la plus sûre.

Les frais de la mise en demeure peuvent-ils être réclamés au client ?

Entre professionnels, une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est due en cas de retard de paiement. Si vos frais réels sont plus élevés et justifiés, vous pouvez demander une indemnité complémentaire. Face à un particulier, c'est moins automatique : le juge pourra éventuellement mettre certains frais à sa charge en cas de procédure.

Une mise en demeure doit-elle être signée ?

Oui, c'est préférable. La signature montre que le courrier vient bien de vous, ou du représentant de votre entreprise. Pour une lettre papier, signez à la main. Pour un envoi électronique, une lettre recommandée électronique permet d'identifier clairement l'expéditeur. Indiquez aussi votre nom et votre fonction sous la signature.

Peut-on envoyer une mise en demeure à un particulier comme à une entreprise ?

Oui, la démarche est la même. Le contenu change un peu : avec un particulier, vous réclamez la somme due et, en principe, les intérêts au taux légal à partir de la mise en demeure. Les pénalités de retard ne s'appliquent que si elles étaient prévues au contrat. Le ton doit rester particulièrement clair et respectueux.

Que faire si le client conteste la facture après la mise en demeure ?

Lisez sa réponse avec attention. S'il pointe une vraie erreur ou un défaut réel, mieux vaut corriger ou négocier. S'il conteste sans fondement, gardez ses écrits : ils serviront si vous allez en justice. Une contestation sérieuse peut rendre l'injonction de payer moins adaptée. Dans ce cas, un avocat vous aidera à choisir la bonne procédure.

Combien de temps garder une copie de la mise en demeure ?

Gardez-la au moins jusqu'au paiement complet, et de préférence plus longtemps. Conservez avec elle la facture, le devis signé, vos relances et l'accusé de réception. Les factures elles-mêmes doivent être conservées plusieurs années pour des raisons comptables et fiscales. Un dossier numérique par client facilite beaucoup les choses.

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Écrit par

Alain Houessou

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