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Mise en demeure : définition, valeur juridique et exemple concret

Mis à jour le Par Alain Houessou17 min de lecture

Vous avez un client qui ne paie pas, ou un fournisseur qui ne livre pas, et on vous parle de « mise en demeure » sans vous expliquer ce que c'est ? Vous trouverez ici une définition claire, sa vraie valeur juridique et un exemple à adapter. Si vous voulez qu'on regarde ensemble comment ne plus courir après vos factures, réservez un appel de 15 minutes.

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Table des matières
  1. Qu’est-ce qu’une mise en demeure ?
  2. Que signifie « mise en demeure » en droit ?
  3. Quelle est la valeur juridique d’une mise en demeure ?
  4. Qui peut faire une mise en demeure ?
  5. Dans quels cas envoie-t-on une mise en demeure ?
  6. Quelle différence entre une relance, une mise en demeure et une sommation ?
  7. Que doit contenir une mise en demeure ?
  8. Comment faire une mise en demeure : quel exemple suivre ?
  9. Comment envoyer une mise en demeure pour qu’elle soit valable ?
  10. Que se passe-t-il après une mise en demeure ?
  11. Quelles erreurs éviter dans une mise en demeure ?
  12. Comment éviter d’en arriver à la mise en demeure ?

🧠 Mise en demeure : quelle aide vous faut-il ?

📊 De la relance au tribunal : les étapes comparées

ÉtapeQui peut s'en chargerForme habituelleCoût indicatifCe que ça change
Relance amiableVous-mêmeMail, téléphone, courrier simpleGratuitRappelle la dette, sans effet juridique fort
Mise en demeureVous-même ou un avocatLettre recommandée avec accusé de réceptionPrix d'un recommandé, ou honoraires si avocatConstate le retard, fait courir les intérêts, sert de preuve
SommationCommissaire de justiceActe remis au débiteurDe quelques dizaines à quelques centaines d'euros, tarifs variablesMême rôle, avec plus de poids et une date certaine
Injonction de payerVous-même, auprès du tribunalRequête écriteFaible, frais variables selon les casPermet d'obtenir une décision qui oblige à payer
Procès classiqueVous-même ou un avocat selon le tribunalAssignation ou demande au tribunalVariable, souvent plus élevéDécision du juge après débat entre les parties

Qu’est-ce qu’une mise en demeure ?

Une mise en demeure est une demande officielle et écrite qui exige qu'une personne exécute son obligation, souvent payer une somme, dans un délai précis, sous peine de suites.

Une mise en demeure, c’est une demande officielle. Vous exigez de quelqu’un qu’il fasse ce qu’il vous doit, dans un délai précis. Le plus souvent, il s’agit de payer une somme.

Le mot « demeure » vient d’un vieux sens qui veut dire « retard ». Mettre quelqu’un en demeure, c’est constater qu’il est en retard, et le lui dire formellement.

Ce qui la distingue d’une simple relance

Une relance dit : « Vous avez peut-être oublié. » Une mise en demeure dit : « Vous êtes en retard, et cela aura des conséquences. » Le ton change. Surtout, la portée juridique change.

Concrètement, elle sert à trois choses :

  • prouver que vous avez réclamé votre dû, à une date précise ;
  • fixer un dernier délai avant d’autres démarches ;
  • déclencher certains effets prévus par la loi, comme des intérêts de retard.

Un exemple de tous les jours

Un plombier a remplacé un chauffe-eau. Sa facture reste impayée depuis deux mois, malgré deux relances. Il envoie une lettre recommandée. Il réclame la somme sous quinze jours, faute de quoi il saisira le tribunal. C’est une mise en demeure.

Elle ne concerne pas que l’argent. Un client peut mettre en demeure un artisan de terminer un chantier abandonné. Un commerçant peut mettre en demeure un fournisseur de livrer une commande déjà réglée. Un propriétaire de gîte peut mettre en demeure un locataire de rembourser un dégât constaté.

La dernière marche avant la justice

Dans la plupart des cas, la mise en demeure est la dernière étape amiable. Après elle, on parle de procédure. Elle arrive donc après les relances, jamais en premier courrier.

Elle s’inscrit dans une démarche plus large, décrite pas à pas dans notre marche à suivre face à une facture impayée, de la relance au recouvrement. Retenez l’idée simple : la mise en demeure transforme un retard « toléré » en retard « officiel ».

Que signifie « mise en demeure » en droit ?

En droit, la mise en demeure est l'acte par lequel un créancier interpelle clairement son débiteur pour constater son retard. Le Code civil l'encadre, notamment à l'article 1344.

En droit, on parle de créancier (celui à qui l’on doit) et de débiteur (celui qui doit). La mise en demeure est le moyen par lequel le créancier interpelle le débiteur.

Ce que dit le Code civil

L’article 1344 du Code civil prévoit trois façons de mettre un débiteur en demeure :

  • par une sommation, c’est-à-dire un acte délivré par un commissaire de justice (l’ancien huissier) ;
  • par un acte portant interpellation suffisante, comme une lettre claire qui réclame l’exécution ;
  • par la seule échéance de l’obligation, si le contrat le prévoit.

« Interpellation suffisante » : ça veut dire quoi ?

C’est une demande nette, sans ambiguïté. Le débiteur doit comprendre ce qu’on attend de lui, combien, et pour quand. Une phrase vague du type « Pensez à régler quand vous pourrez » ne suffit pas.

Un juge regarde le contenu, pas seulement le titre. Une lettre intitulée « mise en demeure » mais floue peut être jugée insuffisante. À l’inverse, un courrier ferme et précis peut valoir mise en demeure.

Le cas des contrats qui prévoient tout

Certains contrats contiennent une clause de mise en demeure « de plein droit ». Le simple dépassement de la date d’échéance vaut alors mise en demeure, sans courrier. C’est fréquent dans les baux ou les contrats de prestation bien rédigés.

Entre professionnels, des règles en plus

Quand un client professionnel paie en retard, le Code de commerce prévoit des pénalités de retard et une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €. Ces sommes sont dues sans rappel préalable, à condition d’être mentionnées sur vos factures.

Prenons un coiffeur qui a payé une commande de produits jamais livrée. Il peut mettre en demeure son fournisseur de livrer ou de rembourser. Le principe juridique est le même que pour une facture : on constate le retard, on fixe un délai.

Quelle est la valeur juridique d’une mise en demeure ?

Une mise en demeure fait courir les intérêts de retard, ouvre droit à des dommages et intérêts et prouve votre démarche amiable. Elle n'est pas un jugement et n'oblige pas à payer.

La mise en demeure a une vraie valeur juridique. Mais elle a aussi des limites, qu’il vaut mieux connaître avant de l’envoyer.

Ce qu’elle déclenche

  • Les intérêts moratoires. Ce sont les intérêts dus pour retard de paiement. Selon le Code civil, ils courent à partir de la mise en demeure, au taux légal, sauf clause contraire.
  • Le droit à des dommages et intérêts. En principe, vous ne pouvez les réclamer pour un retard que si le débiteur a été mis en demeure avant.
  • Le transfert des risques. Si un vendeur doit livrer un bien et qu’il est mis en demeure, il en porte les risques s’il est abîmé entre-temps.
  • La preuve de votre bonne foi. Le juge voit que vous avez laissé une chance de régler à l’amiable.

Ce qu’elle ne fait pas

Elle fait Elle ne fait pas
Constater officiellement le retard Obliger le débiteur à payer par la force
Faire courir les intérêts Remplacer une décision de justice
Servir de preuve devant le juge Permettre une saisie sur compte ou sur salaire
Fixer un dernier délai Interrompre la prescription, en règle générale

Attention à la prescription

La prescription, c’est le délai après lequel vous ne pouvez plus réclamer en justice. Une simple mise en demeure ne l’interrompt pas, en règle générale. Seuls certains actes le font : une demande en justice, une reconnaissance de dette par le débiteur, ou une mesure d’exécution.

Pour un professionnel face à un particulier, ce délai est souvent de deux ans. Entre professionnels, il est en général de cinq ans. Ne laissez donc pas dormir une créance en comptant sur une lettre.

En résumé

La mise en demeure est un outil de pression et de preuve. C’est rarement elle qui fait payer. C’est la perspective de ce qui suit qui pousse souvent le débiteur à régler.

Qui peut faire une mise en demeure ?

Toute personne à qui l'on doit quelque chose peut envoyer une mise en demeure : particulier, artisan, commerçant, société ou association. Un avocat n'est pas obligatoire.

Bonne nouvelle : vous n’avez besoin de personne pour envoyer une mise en demeure. Il suffit d’être le créancier, c’est-à-dire celui à qui l’on doit quelque chose.

Les personnes qui peuvent l’envoyer

  • Un particulier, à son artisan, son propriétaire ou un vendeur.
  • Un artisan ou un commerçant, à un client qui ne paie pas.
  • Une société, par l’intermédiaire de son gérant ou d’un salarié habilité.
  • Une association, par son président ou son représentant.

Les professionnels qui peuvent la rédiger pour vous

Qui Intérêt À savoir
Vous-même Rapide et presque gratuit Suffit dans la plupart des cas simples
Un avocat Courrier à en-tête, plus impressionnant Honoraires variables selon le cabinet
Un commissaire de justice Sommation avec date certaine Coût de quelques dizaines à quelques centaines d’euros
Une société de recouvrement Prend en charge les relances Rémunération souvent au pourcentage, conditions variables

Quand se faire aider ?

Seul, vous gérez très bien une facture impayée de quelques centaines d’euros. L’aide d’un avocat se justifie plutôt quand :

  • la somme est importante pour votre entreprise ;
  • le client conteste le travail réalisé ;
  • le contrat est complexe, avec plusieurs intervenants ;
  • vous craignez une réponse agressive ou une contre-attaque.

Qui la reçoit ?

La mise en demeure s’adresse au débiteur lui-même. Pour une entreprise, envoyez-la à l’adresse de son siège, au nom de son représentant légal. Pour un particulier, à son domicile connu.

Un exemple : un électricien n’est pas payé par une SCI qui a fait refaire un appartement. Il envoie la mise en demeure au siège de la SCI, au nom du gérant. Pas au locataire, ni à l’agence qui gère le bien.

Dans quels cas envoie-t-on une mise en demeure ?

On envoie une mise en demeure quand une obligation n'est pas respectée malgré des relances : facture impayée, travaux inachevés, livraison non faite, loyer en retard ou remboursement refusé.

La mise en demeure sert dans tous les cas où quelqu’un ne fait pas ce qu’il a promis. Le paiement est le cas le plus courant, mais pas le seul.

Exemples par métier

  • Un menuisier : le client a reçu ses fenêtres posées, mais ne règle pas le solde.
  • Un boulanger : un traiteur partenaire ne paie plus ses commandes de pain depuis trois mois.
  • Un avocat : un client ne règle pas une note d’honoraires validée.
  • Une boutique en ligne : un transporteur a perdu un colis et ne rembourse pas.
  • Un gîte : un vacancier a cassé du mobilier et ne rembourse pas le montant convenu.
  • Un client particulier : son carreleur a encaissé un acompte et n’est jamais revenu.

À quel moment l’envoyer ?

Ni trop tôt, ni trop tard. Envoyée dès le premier jour de retard, elle braque un client qui avait simplement oublié. Envoyée un an après, elle perd en crédibilité et vous rapproche de la prescription.

Une progression raisonnable ressemble souvent à ceci :

  1. une relance aimable quelques jours après l’échéance ;
  2. une deuxième relance plus ferme deux à trois semaines plus tard ;
  3. un appel téléphonique pour comprendre le blocage ;
  4. la mise en demeure, si rien ne bouge.

Quand ce n’est pas la bonne solution

Si le client conteste votre travail, une mise en demeure seule ne règle rien. Mieux vaut d’abord écouter ses griefs, proposer une solution, ou passer par un conciliateur. Si le client est en difficulté sérieuse, un échéancier peut rapporter plus vite qu’un bras de fer.

Enfin, si le débiteur est en redressement ou en liquidation judiciaire, les règles changent. Il faut alors déclarer votre créance auprès du mandataire désigné, dans les délais fixés.

Quelle différence entre une relance, une mise en demeure et une sommation ?

La relance rappelle une dette sans effet juridique fort. La mise en demeure constate officiellement le retard. La sommation est une mise en demeure délivrée par un commissaire de justice.

Ces trois mots se ressemblent. Ils ne pèsent pas le même poids.

La relance

C’est un rappel. Elle peut se faire par mail, par téléphone, par SMS ou par courrier. Son ton reste cordial. Elle part du principe que le client a oublié ou qu’un souci technique bloque le paiement.

Pour les premières relances, appuyez-vous sur nos modèles de mail de relance pour la 1re, 2e et 3e relance. Si vous préférez le papier, un modèle de lettre de relance pour facture impayée fait le même travail par courrier.

La mise en demeure

Elle change de registre. Elle constate le retard, fixe un délai et annonce les suites. Elle produit des effets juridiques, comme le départ des intérêts de retard. On l’envoie en général en recommandé avec accusé de réception.

La sommation

C’est une mise en demeure délivrée par un commissaire de justice. Elle coûte plus cher, mais elle donne une date certaine et un poids psychologique fort. Recevoir la visite d’un commissaire de justice fait souvent réagir.

Le comparatif

Relance Mise en demeure Sommation
Qui l’envoie Vous Vous ou un avocat Un commissaire de justice
Ton Cordial Ferme Officiel
Forme Libre Écrite, recommandé conseillé Acte remis
Effet juridique Faible Réel Réel, avec date certaine
Coût Gratuit Faible Plus élevé

Laquelle choisir ?

Pour un artisan ou un commerçant, l’ordre logique est presque toujours le même : relances, puis mise en demeure par recommandé. La sommation se garde pour les cas où vous voulez une preuve incontestable, ou un effet plus fort sur un débiteur qui ignore vos courriers.

Que doit contenir une mise en demeure ?

Une mise en demeure doit indiquer qui réclame, à qui, quoi exactement, sur quel fondement, dans quel délai, et ce qui se passera ensuite. Elle porte les mots « mise en demeure ».

Aucune loi n’impose un modèle unique. Mais une mise en demeure efficace contient toujours les mêmes éléments.

Les éléments indispensables

  • Vos coordonnées : nom, raison sociale, adresse, numéro SIRET si vous êtes professionnel.
  • Les coordonnées du destinataire : nom ou raison sociale, adresse exacte.
  • La date et le lieu du courrier.
  • L’objet, avec les mots « Mise en demeure de payer » ou « Mise en demeure d’exécuter ».
  • Les faits : le devis signé, la date des travaux, le numéro et la date de la facture.
  • La somme exacte réclamée, ou l’action attendue.
  • Le rappel des relances déjà faites, avec leurs dates.
  • Un délai précis pour s’exécuter, souvent 8 ou 15 jours.
  • Les suites prévues si rien ne se passe : saisine du tribunal, injonction de payer.
  • Votre signature.

Les éléments utiles en plus

  • La mention des pénalités de retard et de l’indemnité forfaitaire de 40 €, si votre client est professionnel.
  • La copie de la facture et du devis signé en pièces jointes.
  • Vos coordonnées bancaires, pour lui faciliter le règlement.

La facture doit être irréprochable

Une mise en demeure s’appuie sur votre facture. Si elle est incomplète, le client a un argument pour contester. Vérifiez qu’elle comporte bien les mentions obligatoires d’une facture listées par le ministère de l’Économie, surtout les conditions de paiement et les pénalités.

Un exemple de faits bien décrits

Plutôt que « Vous me devez de l’argent », écrivez : « Le 3 mars, j’ai réalisé la réfection de votre salle de bains, selon le devis signé le 12 février. La facture n° 2024-118 du 5 mars, d’un montant de 2 340 € TTC, est restée impayée malgré mes relances des 20 mars et 8 avril. »

C’est précis, vérifiable, et difficile à contester.

Comment faire une mise en demeure : quel exemple suivre ?

Pour faire une mise en demeure, rédigez une lettre courte et factuelle : rappel des faits, somme due, délai de paiement, suites prévues. Envoyez-la en recommandé avec accusé de réception.

Une bonne mise en demeure tient sur une page. Elle est claire, polie et ferme. Pas besoin de formules juridiques compliquées.

Un exemple à adapter

Objet : Mise en demeure de payer – Facture n° 2024-118

Madame, Monsieur,

Le 3 mars 2024, j’ai réalisé la réfection de votre salle de bains, conformément au devis signé le 12 février 2024.

La facture n° 2024-118 du 5 mars 2024, d’un montant de 2 340 € TTC, était payable au 4 avril 2024. Malgré mes relances du 20 mars et du 8 avril, elle reste impayée.

Par la présente, je vous mets en demeure de me régler la somme de 2 340 € TTC dans un délai de 15 jours à compter de la réception de ce courrier.

À défaut de paiement dans ce délai, je saisirai la juridiction compétente pour obtenir le recouvrement de cette somme, majorée des intérêts au taux légal.

Vous pouvez régler par virement sur le compte indiqué sur la facture jointe.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

[Nom, signature]

Les étapes pour la rédiger

  1. Rassemblez le devis, la facture et les preuves de relance.
  2. Écrivez les faits dans l’ordre chronologique.
  3. Indiquez la somme exacte, sans arrondi.
  4. Fixez un délai réaliste.
  5. Annoncez la suite que vous comptez vraiment donner.
  6. Relisez à froid, le lendemain si possible.

Adapter selon le client

Si votre client est professionnel, ajoutez les pénalités de retard prévues sur la facture et l’indemnité de 40 €. Si c’est un particulier, restez sur la somme due et les intérêts au taux légal.

Pour aller plus loin sur le choix du moment et du ton, consultez notre méthode détaillée pour envoyer une mise en demeure de payer à un client.

Comment envoyer une mise en demeure pour qu’elle soit valable ?

Le plus sûr est la lettre recommandée avec accusé de réception, papier ou électronique, qui prouve la date de réception. Un mail peut suffire, mais la preuve est plus fragile.

Une mise en demeure ne vaut que si vous pouvez prouver qu’elle a été reçue. Le choix du mode d’envoi compte donc beaucoup.

Les modes d’envoi possibles

Mode d’envoi Preuve Coût indicatif Pour qui
Recommandé avec accusé de réception Solide Quelques euros, tarifs variables La plupart des cas
Recommandé électronique qualifié Solide Quelques euros, tarifs variables Clients habitués au numérique
Remise en main propre contre signature Solide si signée Gratuit Client que vous voyez souvent
Mail simple Fragile Gratuit En complément, pas seul
Sommation par commissaire de justice Très solide Plus élevé Débiteur qui ignore tout

Le recommandé, la valeur sûre

La lettre recommandée avec accusé de réception reste la référence. L’accusé signé prouve la date de réception. Vous pouvez l’envoyer au guichet ou en ligne, via le service de lettre recommandée en ligne de La Poste.

Gardez précieusement la preuve de dépôt, l’accusé de réception et une copie de la lettre. Rangez-les avec la facture.

Et si le client ne va pas chercher la lettre ?

C’est fréquent. Le courrier revient avec la mention « avisé et non réclamé ». Gardez l’enveloppe fermée : elle prouve que vous avez tenté de le joindre à la bonne adresse. Dans ce cas, une sommation par commissaire de justice peut être utile.

Le mail, en complément

Un mail peut valoir interpellation s’il est clair. Mais prouver qu’il a été reçu et lu est plus difficile. Envoyez-le en plus du recommandé, pour accélérer les choses.

Une astuce pour un artisan : appelez le client le jour où le recommandé part. Prévenez-le simplement qu’un courrier officiel arrive. Beaucoup règlent avant même de l’avoir ouvert.

Que se passe-t-il après une mise en demeure ?

Après une mise en demeure, le débiteur paie, conteste ou se tait. S'il ne fait rien dans le délai, vous pouvez engager une procédure, comme l'injonction de payer.

Trois scénarios sont possibles une fois le délai écoulé.

1. Le débiteur paie

C’est le cas le plus courant. Accusez réception du paiement par un mot bref et poli. Si la relation compte pour vous, ne revenez pas sur le passé.

S’il propose de payer en plusieurs fois, vous pouvez accepter. Faites-le par écrit, avec les dates et les montants. Ce document vaut reconnaissance de dette.

2. Le débiteur conteste

Il dit que le travail est mal fait, ou que le montant est faux. Prenez sa réponse au sérieux. Trois pistes :

  • discuter et trouver un geste commercial raisonnable ;
  • passer par un conciliateur de justice, gratuit, pour trouver un accord ;
  • saisir le juge, si vous êtes sûr de votre dossier.

3. Le débiteur ne répond pas

Vous passez à une procédure. Les principales options :

Procédure Principe Pour quel cas
Injonction de payer Le juge examine votre dossier sans audience et peut ordonner le paiement Créance claire, non contestée
Procédure simplifiée par commissaire de justice Accord amiable constaté, pour les petites sommes Créances de 5 000 € au plus
Saisine du tribunal Audience avec les deux parties Litige contesté

L’injonction de payer est souvent la voie la plus simple pour un artisan. Les conditions et le formulaire sont expliqués sur la page officielle consacrée à l’injonction de payer sur service-public.fr.

Votre mise en demeure vous servira

Dans chacune de ces procédures, votre mise en demeure entre dans le dossier. Elle montre que vous avez laissé une chance. Elle date le début des intérêts. Elle prouve que le client connaissait précisément la somme réclamée.

Tenez votre promesse. Si vous annoncez le tribunal, engagez réellement la démarche. Une menace non suivie affaiblit vos courriers suivants.

Quelles erreurs éviter dans une mise en demeure ?

Évitez les menaces excessives, les insultes, les montants faux, les délais irréalistes et les envois sans preuve. Une mise en demeure doit rester factuelle, exacte et polie.

Une mise en demeure mal faite peut se retourner contre vous. Les pièges les plus courants chez les indépendants et les petites entreprises.

Les erreurs de fond

  • Un montant faux. Une erreur de calcul donne au client une raison de contester. Vérifiez chaque ligne.
  • Des frais inventés. Ne réclamez que ce qui est prévu : la facture, les pénalités mentionnées, l’indemnité légale entre professionnels.
  • Des faits approximatifs. « Il y a quelques mois » ne vaut rien. Donnez des dates.
  • Pas de délai. Sans date limite, la mise en demeure perd sa force.

Les erreurs de ton

  • Les menaces disproportionnées. Annoncer une plainte pénale pour une simple facture impayée peut être vu comme une pression abusive.
  • Les insultes ou les jugements. « Vous êtes un escroc » n’a rien à faire dans un courrier. Le juge lira ce document.
  • Le chantage à la réputation. Menacer de publier un avis négatif ou de dénoncer le client sur les réseaux sociaux est à proscrire.

Les erreurs de forme

  • Envoyer au mauvais nom, ou à une ancienne adresse.
  • Oublier de garder une copie.
  • Se contenter d’un mail sans aucune preuve de lecture.
  • Envoyer la mise en demeure avant la moindre relance.

L’erreur de calendrier

Attendre trop longtemps est une erreur fréquente. On espère que le client finira par payer. Les mois passent, la prescription approche, et le client devient plus difficile à joindre.

Un cas typique : une coiffeuse à domicile laisse filer plusieurs prestations impayées d’une cliente fidèle. Elle n’ose pas réclamer. Quand elle se décide, le montant cumulé est devenu lourd, et la relation est déjà abîmée. Réclamer tôt, gentiment mais clairement, protège aussi la relation.

Comment éviter d’en arriver à la mise en demeure ?

Pour éviter la mise en demeure, sécurisez chaque vente : devis signé, acompte, conditions de paiement claires, facture envoyée vite et relances régulières, idéalement automatiques.

La meilleure mise en demeure est celle que vous n’envoyez jamais. La plupart des impayés se jouent avant même la facture.

Avant la vente

  • Un devis signé, avec le détail des prestations, les délais et le prix. Un devis qui dort est aussi une vente qui s’éloigne : apprenez à relancer un devis sans réponse au bon moment.
  • Un acompte pour les travaux ou commandes importantes. Il engage le client et couvre vos achats.
  • Des conditions générales de vente claires, avec les délais de paiement et les pénalités.

Sur votre site, ces informations doivent être faciles à trouver. Une boutique bien rangée limite les malentendus. C’est le sens du travail mené pour l’Armurerie NéA, boutique en ligne remise au propre avec son catalogue et son blog réorganisé.

Au moment de facturer

  • Envoyez la facture le jour même de la fin du travail, pas trois semaines après.
  • Indiquez une date d’échéance précise, et pas seulement « à réception ».
  • Proposez un moyen de paiement simple : virement, lien de paiement, carte.

Après la facture

Le secret, c’est la régularité. Une relance qui part toujours au même moment, sur le même ton, fait payer la majorité des clients sans conflit. Le problème, c’est qu’on oublie, ou qu’on n’ose pas.

C’est là que l’automatisation aide vraiment. Vos devis, factures et relances partent seuls, aux bonnes dates, avec vos propres mots. Notre service pour automatiser vos devis, factures et relances met ce système en place pour vous.

Connaître ses clients

Un client que vous suivez bien paie mieux. Savoir qui paie toujours en retard, qui préfère être appelé, qui a des difficultés passagères change tout. Notre méthode pour organiser la gestion de la relation client dans une petite entreprise vous aide à garder ces informations à portée de main.

❓ Questions fréquentes

Une mise en demeure envoyée par mail est-elle valable ?

Oui, si elle est claire et exige l'exécution dans un délai précis. La loi parle d'interpellation suffisante, sans imposer de forme. Le problème est la preuve : il est difficile de démontrer que le mail a été reçu et lu. Envoyez-la aussi en recommandé avec accusé de réception, ou par recommandé électronique, pour être tranquille devant un juge.

Quel délai laisser au débiteur dans une mise en demeure ?

Aucun délai n'est fixé par la loi dans le cas général. On laisse le plus souvent 8 ou 15 jours à compter de la réception. Le délai doit rester raisonnable : 48 heures pour une grosse somme paraîtra excessif à un juge. Un contrat ou une règle particulière, comme pour certains baux, peut imposer un délai précis.

Combien coûte l'envoi d'une mise en demeure ?

Si vous la rédigez vous-même, elle coûte le prix d'un recommandé avec accusé de réception, soit quelques euros, selon les tarifs en vigueur. Rédigée par un avocat, comptez des honoraires variables selon le cabinet. Une sommation par commissaire de justice coûte en général de quelques dizaines à quelques centaines d'euros. Les tarifs changent, renseignez-vous avant.

Que risque-t-on si l'on ignore une mise en demeure reçue ?

Ignorer le courrier ne fait pas disparaître la dette. Les intérêts de retard continuent de courir, et le créancier peut saisir le juge, par exemple avec une injonction de payer. Si une décision est rendue, elle pourra être exécutée, avec saisie possible. Si vous contestez la somme, répondez par écrit en expliquant pourquoi.

Faut-il un avocat pour envoyer une mise en demeure ?

Non. Toute personne à qui l'on doit quelque chose peut rédiger et envoyer sa propre mise en demeure. Un courrier clair, précis et envoyé en recommandé suffit dans la plupart des cas. L'avocat devient utile quand la somme est importante, que le client conteste le travail ou que le contrat est complexe.

Peut-on réclamer des frais en plus de la facture ?

Entre professionnels, oui : les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, si elles figurent sur la facture. Face à un particulier, vous pouvez réclamer les intérêts au taux légal à partir de la mise en demeure. Évitez d'ajouter des frais non prévus au contrat, ils seraient contestables.

Peut-on envoyer plusieurs mises en demeure au même client ?

C'est possible, mais peu utile. Une seconde mise en demeure affaiblit la première, car elle montre que vous n'avez pas donné suite. Si le délai est passé sans réponse, mieux vaut engager la démarche annoncée. Une exception : une nouvelle facture impayée, distincte de la première, justifie un nouveau courrier.

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Écrit par

Alain Houessou

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