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Mise en place de la facturation électronique : le tuto pas à pas 🧾

Mis à jour le Par Alain Houessou15 min de lecture

Vous entendez parler de facturation électronique obligatoire et vous ne savez pas par où commencer ? Vous voulez savoir quoi faire, dans quel ordre, sans y passer vos soirées ? Prenez 15 minutes avec Alain : on regarde ensemble votre façon de facturer et ce qu'il faut changer.

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Table des matières
  1. Comment fonctionne la facturation électronique ?
  2. Facturation électronique obligatoire : comment ça marche pour une TPE ?
  3. Pourquoi la mise en place de la facturation électronique ?
  4. Qui a mis en place la facturation électronique, et dans quel cadre ?
  5. Comment mettre en place la facturation électronique dans votre entreprise ?
  6. Comment choisir sa plateforme agréée ?
  7. Comment déclarer sa plateforme de facturation électronique ?
  8. Comment s’inscrire sur l’annuaire de la facturation électronique ?
  9. Quelles mentions vérifier sur vos factures électroniques ?
  10. Que faire pour les ventes aux particuliers et à l’étranger ?
  11. Combien coûte la mise en place de la facturation électronique ?
  12. Quelles erreurs éviter pendant la préparation ?
  13. Comment profiter de la réforme pour automatiser devis et factures ?

🧠 Facturation électronique : quelle aide vous faut-il ?

📊 Les options pour passer à la facturation électronique

OptionPour quiAvantagePoint de vigilanceBudget indicatif
Votre logiciel de facturation actuel, s'il devient plateforme agrééeTPE déjà équipéePeu de changement d'habitudesVérifier qu'il figure bien sur la liste officielleSouvent inclus ou petit supplément mensuel
Logiciel relié à une plateforme agréée (opérateur de dématérialisation)TPE qui aime son outilVous gardez votre logicielBien comprendre qui fait quoi entre les deuxQuelques euros à quelques dizaines d'euros par mois
Plateforme agréée seule, avec saisie des facturesPetit volume de facturesDémarrage simpleSaisie manuelle si rien n'est reliéQuelques euros à quelques dizaines d'euros par mois
Solution proposée par votre expert-comptableArtisan qui délègue sa comptaLien direct avec la comptabilitéVérifier la facilité d'usage au quotidienVariable selon le cabinet
Offre de votre banqueCommerçant déjà clientPaiements et factures au même endroitComparer avec les autres offresVariable, souvent dans un forfait
Circuit automatisé sur mesureTPE avec beaucoup de devis et relancesGain de temps durableDemande un peu de préparationQuelques centaines à quelques milliers d'euros, selon le besoin

Comment fonctionne la facturation électronique ?

Une facture électronique est un fichier structuré, lisible par un logiciel, envoyé d'une plateforme agréée à une autre. Un simple PDF envoyé par e-mail ne suffit plus.

Aujourd’hui, beaucoup d’artisans font leur facture sur un logiciel, l’exportent en PDF et l’envoient par e-mail. Demain, entre professionnels, ce ne sera plus une facture électronique au sens de la loi.

Le trajet d’une facture

Prenons un plombier qui facture un dépannage à une agence immobilière :

  1. Il crée sa facture dans son logiciel, comme d’habitude.
  2. Le logiciel l’envoie à sa plateforme agréée, un prestataire autorisé par l’administration à faire circuler les factures.
  3. La plateforme vérifie que les informations obligatoires sont présentes.
  4. Elle transmet la facture à la plateforme agréée de l’agence immobilière.
  5. Une partie des données part vers l’administration fiscale.

Le plombier n’a donc pas à envoyer quoi que ce soit au fisc lui-même. Tout passe par sa plateforme.

Les formats acceptés

La facture doit être dans un format structuré, c’est-à-dire organisé pour qu’un logiciel le lise sans erreur :

  • Factur-X : un PDF lisible par un humain, avec un fichier de données caché à l’intérieur ;
  • UBL et CII : des fichiers de données purs, sans mise en page.

Pour une TPE, Factur-X est souvent le plus parlant, car la facture reste agréable à lire. La documentation officielle du format Factur-X détaille son fonctionnement pour ceux qui veulent creuser.

Le suivi des statuts

Autre nouveauté utile : chaque facture aura un statut. Elle peut être déposée, reçue, refusée ou encaissée. Vous saurez donc si votre client l’a bien reçue, sans avoir à l’appeler.

Pour une vue d’ensemble de la réforme, le guide Facturation électronique : ce qui change pour les TPE et artisans reprend tous les points clés.

Facturation électronique obligatoire : comment ça marche pour une TPE ?

Toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026. Les TPE, PME et micro-entreprises devront les émettre au 1er septembre 2027.

L’obligation se fait en deux temps. C’est ce point qui crée le plus de confusion chez les artisans et commerçants.

Date Recevoir Émettre
1er septembre 2026 Toutes les entreprises Grandes entreprises et ETI
1er septembre 2027 Toutes les entreprises PME, TPE et micro-entreprises

Ce que cela veut dire concrètement

Une coiffeuse qui achète ses produits chez un grossiste devra pouvoir recevoir ses factures fournisseurs en électronique dès septembre 2026. Elle doit donc avoir choisi une plateforme avant cette date.

En revanche, elle pourra continuer à émettre ses factures à l’ancienne jusqu’en septembre 2027, si elle est une petite entreprise.

Qui est concerné ?

L’obligation vise les ventes entre entreprises assujetties à la TVA et établies en France. Cela inclut :

  • les artisans et commerçants en société ;
  • les entreprises individuelles ;
  • les micro-entrepreneurs, même en franchise de TVA.

Les ventes aux particuliers ne passent pas par une facture électronique. Elles relèvent d’une autre obligation, l’e-reporting, abordée plus bas.

Le bon réflexe

Ne calez pas votre préparation sur 2027. La réception arrive un an plus tôt, et vos fournisseurs plus grands commenceront à vous envoyer des factures électroniques dès 2026.

Le détail des dates, des cas particuliers et des éventuels ajustements de calendrier est rassemblé dans le calendrier 2026-2027 de la facturation électronique obligatoire.

Pourquoi la mise en place de la facturation électronique ?

L'État veut lutter contre la fraude à la TVA, préremplir les déclarations des entreprises, réduire les retards de paiement et mieux suivre l'activité économique en temps réel.

On peut voir la réforme comme une contrainte de plus. Elle a pourtant plusieurs raisons, dont certaines vous servent directement.

Les objectifs de l’administration

  • Lutter contre la fraude à la TVA. Quand les factures circulent sous forme de données, il devient plus difficile de faire disparaître une vente ou d’inventer un achat.
  • Préremplir les déclarations de TVA. À terme, l’administration veut proposer des déclarations déjà remplies, à vérifier plutôt qu’à saisir.
  • Suivre l’économie de près. Les données de facturation donnent une image rapide de l’activité des entreprises.

Les bénéfices pour vous

Pour un boulanger qui reçoit des dizaines de factures de farine, d’énergie et d’emballages, l’intérêt est concret :

  • plus de saisie à la main des factures fournisseurs ;
  • moins de factures perdues dans une boîte mail ;
  • un suivi clair de ce qui est payé ou non ;
  • un échange plus simple avec l’expert-comptable.

Côté ventes, les statuts de facture aident à repérer un client qui n’a pas encore payé. Les relances peuvent partir plus tôt, et parfois automatiquement.

Ce que la réforme ne change pas

Vous restez libre de vos prix, de vos conditions de paiement et de votre relation client. La réforme touche la forme et le trajet de la facture, pas votre métier.

Autrement dit, si vos factures sont déjà propres et régulières, le passage sera surtout une affaire d’outil. Si elles sont faites un peu au hasard, c’est l’occasion de remettre de l’ordre.

Qui a mis en place la facturation électronique, et dans quel cadre ?

La réforme est portée par l'État français, via plusieurs lois de finances, et pilotée par l'administration fiscale (DGFiP). Elle s'inscrit aussi dans un mouvement européen sur la TVA.

La facturation électronique entre entreprises n’est pas une idée d’un éditeur de logiciel. C’est une obligation légale, construite étape par étape.

Les grandes étapes

  • Le secteur public d’abord. Depuis 2017, les fournisseurs de l’État et des collectivités envoient leurs factures électroniques sur Chorus Pro. Les petites entreprises y sont passées progressivement jusqu’en 2020.
  • La loi de finances pour 2020. Elle a posé le principe d’une généralisation aux échanges entre entreprises.
  • L’ordonnance du 15 septembre 2021. Elle a fixé le cadre : obligations, e-reporting, rôle des plateformes.
  • La loi de finances pour 2024. Elle a fixé le calendrier actuel, après un premier report.

Qui pilote ?

La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) pilote la réforme. Elle publie les règles, agrée les plateformes et tient l’annuaire central. Les informations officielles sont réunies sur la page « Je passe à la facturation électronique » d’impots.gouv.fr.

Le cadre européen

La France n’est pas seule. D’autres pays européens ont déjà imposé la facture électronique entre entreprises. L’Union européenne travaille aussi à harmoniser ces pratiques dans le cadre de son projet sur la TVA à l’ère numérique.

Pour vous, ce cadre a une conséquence simple : la réforme ne disparaîtra pas. Les dates peuvent bouger, mais le sens est fixé.

Pourquoi c’est utile à savoir

Un avocat ou un gérant de gîte peut recevoir des démarchages commerciaux alarmistes. Savoir que la règle vient de l’État, et que les infos fiables sont sur les sites officiels, évite de signer dans la précipitation.

Comment mettre en place la facturation électronique dans votre entreprise ?

Faites le point sur vos factures, choisissez une plateforme agréée, reliez-la à votre logiciel, vérifiez votre inscription à l'annuaire, puis testez avec quelques clients avant l'échéance.

La question « facturation électronique, comment faire ? » revient chez presque tous nos clients. La réponse tient en six étapes simples.

1. Faire l’inventaire

Notez comment vous facturez aujourd’hui : logiciel, tableur, carnet. Comptez vos factures par mois, à vos clients et de vos fournisseurs. Séparez les clients professionnels des particuliers.

2. Interroger votre éditeur

Si vous avez un logiciel de facturation, posez-lui une question claire : êtes-vous plateforme agréée, ou relié à une plateforme agréée ? La réponse oriente tout le reste.

3. Choisir votre plateforme

Vous pouvez garder votre logiciel et le relier à une plateforme, ou changer d’outil. Les critères de choix sont détaillés juste après.

4. Nettoyer vos données

Vérifiez les numéros SIREN de vos clients professionnels, leurs adresses et vos propres informations. Une erreur de SIREN peut bloquer une facture.

5. Vérifier l’annuaire

Votre plateforme déclare votre adresse de réception. Contrôlez qu’elle est juste, surtout si vous avez plusieurs établissements.

6. Tester

Envoyez quelques factures à des clients de confiance avant l’échéance. Vérifiez qu’elles arrivent, qu’elles sont lisibles et que leur statut remonte bien.

Un exemple de calendrier

Un menuisier avec une centaine de factures par an pourrait faire l’inventaire au printemps 2026, choisir sa plateforme avant l’été et recevoir ses premières factures fournisseurs en septembre 2026. Il aurait ensuite un an pour roder l’émission.

Prévoyez aussi une demi-heure avec votre expert-comptable. Il sait souvent quelles solutions se marient bien avec sa propre organisation.

Comment choisir sa plateforme agréée ?

Choisissez une plateforme présente sur la liste officielle de l'administration, adaptée à votre volume de factures, compatible avec votre logiciel et votre comptable, avec un support joignable.

La plateforme agréée, c’est la boîte aux lettres officielle de vos factures. Elle les envoie, les reçoit et transmet les données à l’administration. Le choix mérite un peu d’attention.

Vérifier l’agrément

Première règle : la plateforme doit être agréée par l’administration. La liste est publiée sur la page des plateformes agréées d’impots.gouv.fr. Si un vendeur vous presse sans figurer sur cette liste, demandez-lui à quelle plateforme agréée il est relié.

Plateforme ou opérateur ?

Certains outils ne sont pas agréés mais se branchent sur une plateforme agréée. On les appelle opérateurs de dématérialisation. C’est permis. Il faut juste savoir qui fait quoi, et qui vous aide en cas de problème.

Les critères qui comptent pour une TPE

  • La compatibilité avec votre logiciel de facturation ou de caisse ;
  • Le lien avec votre comptabilité, pour éviter les doubles saisies ;
  • La simplicité : pouvez-vous envoyer une facture sans formation ?
  • Le prix, au mois ou à la facture, selon votre volume ;
  • Le support : en français, joignable, avec des délais clairs ;
  • La gestion de l’e-reporting, si vous vendez aussi à des particuliers ;
  • L’archivage de vos factures sur la durée légale.

Deux profils, deux choix

Un électricien qui émet vingt factures par mois cherchera la simplicité et un petit prix. Un grossiste en vins, avec des centaines de factures, regardera d’abord les connexions avec son logiciel de gestion.

Dans tous les cas, demandez un essai. Un outil qui vous agace dès la première semaine vous coûtera du temps pendant des années.

Comment déclarer sa plateforme de facturation électronique ?

Vous ne déclarez rien seul à l'administration : vous signez avec votre plateforme agréée, qui enregistre votre adresse de réception dans l'annuaire officiel, sur la base de votre SIREN.

Beaucoup de chefs d’entreprise cherchent un formulaire officiel pour déclarer leur plateforme. Il n’existe pas de démarche directe de ce type pour une TPE. C’est la plateforme qui s’en charge.

Comment ça se passe

  1. Vous choisissez votre plateforme agréée et signez votre contrat.
  2. Vous lui confiez la mission de recevoir et d’émettre vos factures. C’est une forme de mandat.
  3. Vous fournissez vos informations : SIREN, SIRET des établissements, coordonnées.
  4. La plateforme déclare dans l’annuaire central l’adresse où vos factures doivent arriver.
  5. Vos fournisseurs, via leur propre plateforme, trouvent cette adresse et vous envoient vos factures.

Les points à vérifier

  • Le bon niveau. Vous pouvez recevoir toutes vos factures à une seule adresse, ou une adresse par établissement. Un commerçant avec deux boutiques peut préférer séparer.
  • Les bonnes personnes. Qui reçoit les alertes ? Vous, votre conjoint collaborateur, votre comptable ?
  • La date. L’adresse doit être active avant le 1er septembre 2026, date à laquelle la réception devient obligatoire.

Et si vous changez de plateforme ?

C’est possible. La nouvelle plateforme met à jour l’annuaire. Prévoyez simplement une période de transition, et récupérez l’historique de vos factures avant de partir.

Un cas fréquent

Un gérant de gîte en société reçoit des factures de son blanchisseur et de son fournisseur d’énergie. Sans plateforme déclarée, ces fournisseurs ne sauront pas où envoyer ses factures électroniques. D’où l’intérêt de s’y prendre tôt.

Comment s’inscrire sur l’annuaire de la facturation électronique ?

Les entreprises sont déjà répertoriées dans l'annuaire à partir de leur SIREN. C'est votre plateforme agréée qui y ajoute votre adresse de réception : vous n'avez pas d'inscription séparée à faire.

L’annuaire est un grand carnet d’adresses tenu par l’administration. Il indique, pour chaque entreprise, où envoyer ses factures électroniques.

Ce qui est déjà fait

L’annuaire est alimenté à partir des données officielles des entreprises, celles liées à votre numéro SIREN. Votre entreprise y figure donc déjà, même si vous n’avez rien fait.

Ce qui reste à faire

Ce qui manque, c’est votre adresse de réception. Elle dépend de la plateforme que vous choisissez. Tant que vous n’avez pas choisi, vos fournisseurs ne savent pas où vous écrire.

L’ajout se fait par votre plateforme agréée, une fois votre contrat signé. Vous n’avez pas à créer de compte séparé sur un site de l’administration pour cela.

Vérifier vos données de base

L’annuaire reprend vos informations officielles. Si elles sont fausses à la source, elles le seront dans l’annuaire. Vérifiez :

  • votre dénomination ;
  • l’adresse de votre siège et de vos établissements ;
  • les établissements fermés qui apparaissent encore.

Un coiffeur qui a déménagé son salon sans mettre à jour ses informations peut avoir une adresse ancienne en mémoire. Il vaut mieux corriger avant 2026.

Méfiez-vous des faux services

Des courriers ou e-mails proposent parfois une « inscription obligatoire » payante à un annuaire. Soyez prudent. L’inscription passe par votre plateforme agréée, choisie librement. Au moindre doute, vérifiez sur les sites officiels de l’administration fiscale.

Et pour vos clients ?

L’annuaire sert aussi dans l’autre sens. Pour envoyer une facture à un client professionnel, votre plateforme y cherche son adresse. D’où l’importance d’avoir son SIREN exact dans vos fiches clients.

Quelles mentions vérifier sur vos factures électroniques ?

Les mentions habituelles restent obligatoires. S'y ajoutent notamment le SIREN du client, l'adresse de livraison si elle diffère, la nature de l'opération et, le cas échéant, l'option pour la TVA sur les débits.

Une facture électronique reste une facture. Toutes les mentions que vous connaissez gardent leur place : numéro, date, identité des parties, détail des prestations, prix, TVA.

Les nouvelles mentions

La réforme en ajoute quelques-unes :

  • le SIREN de votre client professionnel ;
  • l’adresse de livraison des biens, si elle est différente de l’adresse du client ;
  • la nature de l’opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux ;
  • l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, si vous l’avez choisie.

Des exemples par métier

  • Un plombier qui intervient dans une résidence gérée par un syndic indique l’adresse du chantier, différente de celle du syndic.
  • Un paysagiste qui vend des plantes et fait la pose coche une opération mixte.
  • Un avocat facture une prestation de services, ce qui est simple à renseigner.

Pourquoi c’est important

Avec une facture papier, une mention manquante passait souvent inaperçue. Avec une facture électronique, la plateforme contrôle les données. Une information absente ou mal formée peut entraîner un rejet.

Le bon réflexe

Mettez à jour vos modèles de facture dans votre logiciel dès maintenant. Ajoutez le SIREN dans chaque fiche client professionnel. C’est un travail d’une ou deux heures pour la plupart des TPE.

La liste complète, avec les mentions spécifiques à certains cas, est détaillée dans le guide des mentions obligatoires d’une facture électronique.

Que faire pour les ventes aux particuliers et à l’étranger ?

Ces ventes ne donnent pas lieu à une facture électronique obligatoire, mais leurs données doivent être transmises à l'administration : c'est l'e-reporting, géré lui aussi par votre plateforme agréée.

La facture électronique concerne les échanges entre entreprises en France. Mais beaucoup d’artisans et de commerçants vendent surtout à des particuliers. Pour eux, une autre obligation arrive : l’e-reporting.

Le principe

L’e-reporting consiste à transmettre à l’administration des données de vente : montants, TVA, dates. Pas la facture elle-même. C’est votre plateforme agréée qui s’en occupe, à partir de ce que vous lui donnez.

Qui est concerné ?

  • Les ventes aux particuliers : boulangerie, salon de coiffure, garage, boutique en ligne ;
  • Les ventes à des clients professionnels étrangers ;
  • Les achats auprès de fournisseurs étrangers.

Les dates suivent le même calendrier que l’émission des factures. Pour une TPE, c’est donc septembre 2027.

Le cas des boutiques en ligne

Une boutique en ligne vend souvent à des particuliers partout en France, parfois à l’étranger. Ses données de vente sont déjà dans son logiciel de commande. Il faut surtout s’assurer qu’elles remontent bien vers la plateforme agréée.

C’est le genre de boutique avec laquelle nous travaillons, comme L’Armurerie NéA, dont nous avons remis au propre le site, le catalogue photo, Google Shopping et le blog. Un site bien organisé facilite aussi ce type de branchement.

Le commerçant avec caisse

Un boulanger équipé d’une caisse enregistreuse doit vérifier si sa caisse peut transmettre ses totaux à une plateforme. Posez la question à votre fournisseur de caisse dès maintenant.

Le fonctionnement détaillé, les fréquences de transmission et les cas particuliers sont expliqués dans le guide sur l’e-reporting, la déclaration qui accompagne la facturation électronique.

Combien coûte la mise en place de la facturation électronique ?

Pour une TPE, une plateforme coûte souvent de quelques euros à quelques dizaines d'euros par mois, parfois incluse dans le logiciel. Les tarifs changent : comparez plusieurs offres avant de signer.

Le coût dépend surtout de trois choses : votre volume de factures, votre outil actuel et le temps que vous voulez y consacrer.

Les postes de dépense

Poste Fourchette prudente Remarque
Plateforme agréée Quelques euros à quelques dizaines d’euros par mois Selon le volume et les options
Logiciel de facturation Souvent inclus, ou petit abonnement Certains éditeurs intègrent la plateforme
Mise à jour de la caisse Variable selon le fournisseur À demander tôt
Accompagnement ou automatisation Quelques centaines à quelques milliers d’euros Selon la complexité
Votre temps Quelques heures à quelques jours Inventaire, tests, réglages

Ces montants sont indicatifs. Les offres évoluent beaucoup à l’approche des échéances.

Des exemples de situations

  • Un micro-entrepreneur avec peu de factures peut souvent s’en sortir avec une offre d’entrée de gamme.
  • Un artisan en société qui garde son logiciel paiera surtout l’abonnement, parfois déjà compris.
  • Une TPE avec beaucoup de devis, de relances et de factures fournisseurs peut avoir intérêt à investir dans un circuit automatisé.

Le coût caché : ne rien faire

Ne pas être prêt a aussi un prix. Des amendes sont prévues par facture non émise en électronique, avec un plafond annuel. S’y ajoute le temps perdu à gérer des factures bloquées ou rejetées.

Comment comparer

Demandez à chaque offre le prix pour votre volume réel, les frais de mise en service et les conditions de sortie. Méfiez-vous des engagements longs signés trop vite.

Quelles erreurs éviter pendant la préparation ?

Les erreurs fréquentes : attendre 2027, croire qu'un PDF suffit, négliger les SIREN clients, choisir un outil sans essai et oublier les factures fournisseurs qui arrivent dès 2026.

Après avoir accompagné des petites entreprises sur leurs outils, on voit revenir les mêmes pièges. Les résumés, avec la parade.

Attendre la dernière minute

La date de 2027 rassure à tort. La réception, elle, est obligatoire dès septembre 2026. Et les plateformes seront très sollicitées juste avant l’échéance.

Croire que le PDF suffit

Un PDF envoyé par e-mail n’est pas une facture électronique au sens de la réforme. Il faut un format structuré, passé par une plateforme agréée.

Négliger ses fiches clients

Un SIREN faux ou absent peut bloquer l’envoi. Un artisan du bâtiment avec beaucoup de clients professionnels a intérêt à faire ce ménage tôt.

Choisir sans tester

Un outil choisi sur une plaquette peut se révéler lourd au quotidien. Demandez un essai, et faites un vrai devis et une vraie facture pendant cet essai.

Oublier les autres outils

  • la caisse enregistreuse du commerçant ;
  • le module de vente de la boutique en ligne ;
  • l’outil de réservation du gîte ou du salon.

Tous peuvent être concernés par l’e-reporting.

Tout faire seul sans prévenir le comptable

Votre expert-comptable reçoit vos factures. S’il utilise un autre outil que vous, les doubles saisies reviennent. Parlez-lui de votre choix avant de signer.

Signer sous la pression

Un démarchage qui parle d’« obligation immédiate » doit vous alerter. Prenez le temps de vérifier l’agrément et de comparer. La réforme est sérieuse, mais elle laisse le temps de bien choisir.

Comment profiter de la réforme pour automatiser devis et factures ?

Puisque vos factures deviennent des données, vous pouvez relier devis, factures, relances et comptabilité. Vous gagnez du temps chaque semaine, au-delà de la simple mise en conformité.

La facturation électronique oblige à revoir vos outils. Autant en profiter pour supprimer les tâches répétitives qui vous prennent des heures.

Ce qu’on peut automatiser

  • Le devis transformé en facture en un clic, sans tout ressaisir ;
  • L’envoi automatique de la facture via la plateforme agréée ;
  • Les relances quand une facture n’est pas payée à l’échéance ;
  • Le classement des factures fournisseurs reçues ;
  • L’export vers la comptabilité, sans double saisie.

Un exemple concret

Un chauffagiste fait ses devis sur le chantier, depuis son téléphone. Une fois le devis signé, la facture est préparée. Après l’intervention, elle part par la plateforme. Si elle n’est pas payée sous trente jours, une relance polie part toute seule.

Le soir, il n’a plus à passer une heure sur ses papiers.

Le faire faire

Si vous préférez qu’on monte ce circuit pour vous, c’est précisément l’objet de notre service pour automatiser vos devis et factures. Nous partons de vos outils actuels et de votre façon de travailler.

Et après ?

Une fois les factures en ordre, vous disposez d’un fichier client propre et à jour. C’est une bonne base pour faire revenir vos clients. La méthode de fidélisation client pour faire revenir vos clients montre comment l’exploiter.

Vous pouvez aussi garder le contact avec eux de façon régulière. Une newsletter lancée simplement dans une TPE annonce vos nouveautés ou vos périodes creuses, sans démarchage lourd.

La réforme devient alors moins une contrainte qu’un coup de propre dans toute votre gestion.

❓ Questions fréquentes

Un micro-entrepreneur en franchise de TVA est-il concerné ?

Oui. Même en franchise de TVA, un micro-entrepreneur reste assujetti à la TVA au sens de la loi. Il devra recevoir des factures électroniques dès septembre 2026 et émettre les siennes à ses clients professionnels dès septembre 2027. Ses ventes aux particuliers relèvent de l'e-reporting. Une offre simple, adaptée à un petit volume, suffit souvent.

Puis-je garder mon logiciel de facturation actuel ?

Souvent, oui. Beaucoup d'éditeurs deviennent plateformes agréées ou se relient à une plateforme agréée. Demandez-leur clairement comment ils comptent gérer la réforme et à quelle date. Si votre logiciel ne prévoit rien, il faudra changer d'outil ou ajouter une plateforme qui accepte vos fichiers. Ne restez pas sans réponse écrite.

Que se passe-t-il si mon client n'est pas prêt ?

Dès septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Votre client sera donc tenu d'avoir une adresse de réception. En pratique, il peut y avoir des retards au début. Gardez une trace de vos envois et des statuts. En cas de blocage, votre plateforme vous indiquera la marche à suivre.

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

La loi prévoit des amendes par facture non émise sous forme électronique, et par transmission d'e-reporting manquante, avec des plafonds annuels. Les montants exacts sont fixés par le Code général des impôts et peuvent évoluer. Le mieux reste de se préparer à temps, plutôt que de calculer le risque.

Combien de temps faut-il conserver les factures électroniques ?

Les règles de conservation restent celles des factures classiques : six ans au titre du droit fiscal, dix ans pour les pièces comptables selon le Code de commerce. Vérifiez que votre plateforme propose un archivage fiable sur cette durée, et que vous pouvez récupérer vos factures si vous changez d'outil.

Mes clients publics passent-ils aussi par une plateforme agréée ?

Pour les factures adressées à l'État et aux collectivités, Chorus Pro reste le canal utilisé depuis plusieurs années. Si vous travaillez déjà avec des mairies ou des administrations, vous connaissez probablement l'outil. Demandez à votre future plateforme si elle gère aussi ces envois, pour tout centraliser au même endroit.

Puis-je encore recevoir des factures papier de mes fournisseurs ?

Entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA, les factures devront progressivement passer en électronique selon le calendrier. Vos fournisseurs étrangers ou certaines opérations exclues pourront encore vous envoyer d'autres formats. Votre plateforme peut souvent accueillir ces documents pour garder tout au même endroit.

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Alain Houessou

Écrit par

Alain Houessou

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